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Journal de St-Michel
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Saint-Jean aux couleurs de Saint-Michel

par Laurence Niosi
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Article mis en ligne le 30 juin 2010 à 9:52
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Saint-Jean aux couleurs de Saint-Michel
C’est sous les couleurs de la diversité qu’ont célébré la Saint-Jean plus d'une centaine de Michelois, jeudi dernier au parc Nicolas-Tillemont. Des familles de toutes origines sont venues faire la fête sur des airs de zouk, compas et chansons québécoise. Une fête à l’image du Québec nouveau, accueillant et ouvert sur le monde.
Des familles, des enfants qui courent dans les carrés de sables, des adolescents qui jouent au soccer, des spectacles de baladi, de zouk, de hip hop…Jeudi, la fête nationale était réellement le reflet du quartier, dont presque la moitié est composée d’immigrants. Quelques interprétations de classiques de la chanson québécoise donnaient quand même une couleur locale aux festivités. Et puis la fleur de lys ne demeurait pas en reste. De nombreux enfants, quelques-uns maquillés à l’effigie du symbole national, agitaient des drapeaux qu’on avait plantés dans leurs petits poings.

Commencée tôt en après-midi avec des animations et des séances de maquillage pour enfants, la fête s’est poursuivie jusqu’en soirée avec divers spectacles de danse et de chant. Vendue à prix modique, la nourriture, poulet, riz, bananes plantains, était gracieuseté de Lucienne Perrin de l’association organisatrice.

Par solidarité

Si la fête a lieu bon an mal an depuis 1996, c’est grâce aux efforts complètement bénévoles de Catherine Thomas, fondatrice et présidente de l’Association camperrinoise de Montréal, une petite association de personnes originaires de Camp-Perrin, son village natal en Haïti. Recherche de subventions, de commanditaires, préparation de nourriture, location de matériel… l’organisation d’une telle fête n’est pas une mince affaire, admet la mère de famille qui travaille à temps plein à Revenu Québec. « Mais ça en vaut la peine! »

Avec cette fête, Catherine Thomas espère contribuer à l’intégration des jeunes du quartier, qui souffrent d’une mauvaise image ailleurs dans la métropole. « Quelle meilleure occasion de les réunir tous que pour la fête nationale? s’exclame Catherine Thomas. Et puis, il ne faut pas oublier : c’est le Québec qui nous a accueilli et donné pleins d’opportunités, il faut le souligner, ça! ».

Si les années précédentes l’Association du Petit Maghreb organisait une fête du 24 juin au parc François-Perrault, cette année le petit blockparty de l’Association camperrinoise constituait le seul effort d’organisation de fête nationale dans Saint-Michel. Malgré tout, Catherine Thomas déplore l’absence de soutien de l’arrondissement, une discrimination qu’elle juge imputable au fait qu’elle ne vienne pas du quartier. « Les gens [de l’arrondissement] ne comprennent pas pourquoi j’organise cette fête à Saint-Michel alors que l’adresse de mon association est à Dollards-des-Ormaux, où j’habite. La raison est simple : je suis d’origine haïtienne et je suis solidaire au quartier ». Il y a quelques années, elle avait par ailleurs prévu d’organiser la fête au parc François-Perrault. À la dernière minute, alors qu’elle avait déjà obtenu son permis, elle s’était fait recaler par la Ville. La fête a finalement été déplacée dans la cour de l’école Léonard de Vinci.

Malgré la pluie sporadique et une foule moins imposante que l’année précédente, la fête de 2010 a été un franc succès. « Les gens s’amusent et c’est l’important » confiait l’air satisfaite l’organisatrice.

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dubourg avril 2010

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