Hugo est venu avec sa conjointe et ses deux garçons, qui voulaient voir les P'tites Tounes
Les pères au cœur de la fête
Mathieu Prost- Collaboration spéciale
Pour sa 2e édition, la « Su-père Fête » a poursuivi son objectif de mettre en valeur la paternité. Une initiative qui a rassemblé de très nombreuses familles.
La petite bruine matinale a été suffisamment convaincante : les organisateurs de la Su-père fête n’ont pas voulu trop se mouiller, et ont donc choisi de rester sous les toits du gymnase Patro le Prévost. Même formule que l’année dernière, et succès grandissant. Au cours de la journée, environ 1200 personnes auront déambulé entre les activités, les stands et les spectacles, qui ont tous un point commun : l’importance du père.
« On a volontairement choisi des activités de gars, comme le soccer, le trampoline… ça demande un peu de force physique », explique Raymond Villeneuve, le directeur du Regroupement pour la valorisation de la paternité. Et parce qu’aujourd’hui, peu d’événements ont pour objectif de marquer la fête des pères, hormis les initiatives commerciales, l’important était surtout de proposer une manifestation gratuite. « La seule chose payante, ce sont les lunchs hot-dog qui coûtent 1 dollar », précise le coordinateur de la journée.
Vivre sans tarder son rôle de père
Évidemment, les pères ne sont pas venus seuls. La majorité des visiteurs mesure moins de quatre pieds et profite des activités plus ou moins masculines telles qu’un labyrinthe gonflable, du maquillage, ou l’essai des tenues (grandeur nature) des pompiers de Montréal. Certains font patiemment la queue pour déguster une barbe-à-papa, pendant qu’une grande partie des troupes regarde s’agiter Fredo le magicien. Les P’tites Tounes, qui se sont produites en fin de journée, ont également attiré de nombreuses familles. Hugo, père de deux petits garçons, dont Émile sur ses épaules, est venu spécialement pour le groupe, sur les conseils avisés de son fils. Les questions sur le rôle du père, il ne se les pose pas. Il les vit. « J’ai toujours eu envie de m’impliquer avec eux, explique-t-il. C’est incroyable à quel point ils nous épatent, nous surprennent. Ils viennent vraiment agrémenter le quotidien ». Un autre père qui guette ses deux filles à la sortie du labyrinthe s’inquiète quant à lui du temps qui passe : « Si je ne m’implique pas tout de suite, ça va être foutu, se dit Stéphane. Je vais être un vieux croûton et je vais pleurer parce qu’elles ne voudront plus jouer avec moi ! ». Une partie de la problématique du rapport père-enfant est ainsi résumée : le temps passé à construire cette relation reste inférieur à celui qu’y accorde les femmes.
Congé parental au masculin
Mais les choses bougent sensiblement. Ainsi au Québec, en 2008, 45% des congés parentaux ont été pris par des hommes. « C’est l’un des meilleurs exemples des avancées dans ce domaine, souligne Tony Tomassi. Le ministre de la famille est venu en compagnie de la mairesse de l’arrondissement, Annie Samson. Selon lui, pour comprendre l’évolution des mentalités, il suffit de se rappeler qu’il y a trente ans, « si un employé avait dit qu’il devait quitter une demi-heure avant pour aller s’occuper de ses enfants, cela aurait été mal vu ». Aujourd’hui, c’est « totalement accepté », selon le ministre.