« Les 3/4 des jeunes considèrent que Montréal est une ville sécuritaire, conclut l’avis Mettons la sécurité à sa place. Toutefois, leur sentiment face à certains lieux publics est tout autre ». En effet, les ruelles apparaissent comme un espace où les jeunes se sentent le plus exposés au danger selon 40,2% des répondants. Les parcs et le réseau de transports en commun arrivent à la deuxième et troisième place.
D’autre part, les jeunes perçoivent eux-mêmes, les attroupements de jeunes, comme source d’insécurité. « Nous voulons défaire l'image d'une jeunesse délinquante car ce n'est nullement le cas, explique Claudia Lacroix Perron, présidente du Conseil jeunesse de Montréal. Il est nécessaire de ne pas étiqueter les jeunes et de conforter la peur des citoyens. Il faut miser continuellement vers des actions menant à un partage de l'espace public montréalais». D’ailleurs, ce sentiment d’insécurité vis à vis des jeunes, s’il existe toujours est bien moins élevé qu’il y a vingt ans.
Partenaire du CJM dans cette étude, la Commission de la sécurité publique, dirigée par le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Claude Dauphin, a accueilli avec enthousiasme cette collaboration. « Nous étions soucieux d'entendre nos Montréalais et Montréalaises de 12 à 30 ans, déclarait le président. Et je suis heureux de constater que cet avis recense les opinions de ces jeunes qui ont exprimé leurs réalités au quotidien ».
Des recommandations facilement applicables
« Conscients du budget serré de la ville, nous avons été créatifs, expliquait Claudia Lacroix Perron. Nos recommandations ne coûteront pas une fortune.». Ces propositions sont regroupées en cinq axes :
• Améliorer les possibilités de recours ou d'appel à l'aide dans les espaces publics (à l'exemple des systèmes d'assistance qui existent sur les quais de métro)
• Aménager les espaces publics et y permettre de l'animation afin de les rendre plus sécuritaire (éclairages adaptées, installation de miroirs à certaines intersections de ruelles et dans les tunnels piétonniers…)
• Favoriser une meilleure cohésion sociale (rapprochement intergénérationnel et interculturel, rapprochement entre les citoyens et les autorités, avoir recours à la médiation sociale le cas échéant).
• Déconstruire les préjugés et responsabiliser les citoyens, (exemple : campagne de sensibilisation envers les jeunes)
• Intervenir davantage auprès des jeunes en situation de fragilité, (exemple : moderniser, adapter et développer les infrastructures sportives, culturelles et de loisirs pour une meilleure fréquentation par les jeunes, créer un portail jeunesse spécifique permettant aux jeunes Montréalais de s'informer sur ce qui se fait dans leur quartier et de s'exprimer…).
Une partie de ces recommandations, retenue par la Commission de la sécurité publique sera soumise pour acceptation au Conseil d’agglomération le 28 mai prochain.
Pour en savoir plus :
ville.montreal.qc.ca