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Journal de St-Michel
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« On est de Saint-Michel avant d’être de Montréal»

par Lison Budzyn
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Article mis en ligne le 20 mai 2009 à 11:02
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« On est de Saint-Michel avant d’être de Montréal»


Depuis longtemps, de nombreux usagers de la bibliothèque demandaient à emprunter des livres sur le passé du quartier Saint-Michel, mais rien n’était disponible. Aujourd’hui, grâce à Suzanne Thibault et Julie Fontaine, Saint-Michel a sa «Petite histoire», en texte et en image, de 1699 à 1968.
Déçue d’éconduire, faute de documents, les curieux qui souhaitaient mieux connaître le quartier, Suzanne Thibault, directrice de la Bibliothèque de Saint-Michel eut l’idée, à l’été 2005, de remédier au problème. Son projet : proposer à une archiviste (en l’occurrence Julie Fontaine) de rassembler et d’étudier tous les documents qui racontaient le quartier depuis sa fondation. «Entre l’écriture, la révision et l’impression, il a fallu près de quatre ans, explique Suzanne Thibault. Ce projet est né de notre initiative, ici à la bibliothèque et il est resté notre priorité pendant toutes ces années». Soutenu moralement et financièrement par l’arrondissement, le projet a été conçu en toute simplicité avec la transmission de l’histoire de la communauté comme objectif premier. « Je pense sincèrement que cet ouvrage peut être un outil pour les intervenants sociocommunautaires et aider à mieux faire connaître Saint-Michel aux nouveaux arrivants» poursuit la directrice.

D’hier à (presque) aujourd’hui

Entre les étendues de terres agricoles du 17e siècle, le début de l’exploitation des carrières un peu plus tard, l’édification du hameau en village puis du village en ville, Saint-Michel a revêtu des aspects bien différents au fil des siècles. Grâce à de nombreux documents graphiques et photographiques, La petite histoire de Saint-Michel permet de s’imaginer aisément cette diversité de paysages. L’habitat, l’économie, la religion ont laissé des traces qu’ont peut encore aujourd’hui admirer. Par exemple, l’une des plus vieilles maisons du quartier, qui appartenait à une des familles pionnières de la colonisation, se trouve encore au 5555 rue Jarry est. « Nous avons choisi de nous arrêter à 1968 parce que c’est une date charnière pour Saint-Michel, explique Suzanne Thibault. C’est à cette époque que Saint-Michel devient un quartier montréalais». C’est aussi à cette époque qu’est construite la bibliothèque ou encore l’école Joseph-François Perrrault. Le 24 octobre 1968, quand la fusion entre en vigueur, Ville Saint-Michel, avec ses 70 000 habitants est la 6e ville la plus populeuse du Québec.

Fidèle à ses racines

A ses origines, dans les années 1700, Saint-Michel est un hameau qui sert de relais aux voyageurs qui parcourent la montée de Saint-Michel (ancêtre du boulevard). « Une vocation qu’à encore aujourd’hui le quartier qui accueille beaucoup de nouveaux arrivants» précise dans son discours Anie Samson. Venus présenter avec fierté l’ouvrage sur leur territoire, Soraya Martinez et Frank Veneri, respectivement conseillers des districts de Saint-Michel et de François-Perrault, ont tenu aussi à présenter leur vision du quartier. « Je suis arrivé ici il y a bientôt 50 ans, expliquait Frank Veneri. Comme le dit Charles Aznavour, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître! Je me suis tout de suite senti chez moi ici et où que je me trouve quand je parle d’où je viens je nomme Saint-Michel avant Montréal. On est de Saint-Michel avant d’être de Montréal».

Arrivée il y a près de 30 ans Soraya Martinez a, elle aussi, tenu à rendre hommage à ce lieu qui l’a accueillie et d’ajouter qu’aujourd’hui l’histoire de Saint-Michel s’écrit avec les immigrants qui viennent de partout dans le monde. «J’espère que bientôt nous pourrons poursuivre l’histoire jusqu’à nos jours et rendre compte de l’apport de toutes les communautés » a précisé la conseillère. Nul doute que les développements qu’a connu Saint-Michel depuis son entrée dans le giron montréalais mériteraient au moins autant de pages. A bon entendeur…

Plusieurs exemplaires peuvent être empruntés à la bibliothèque ou achetés au prix de 10 dollars.

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