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« Chaque fois qu’un enfant né, un père vient au monde »

par Lison Budzyn
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Article mis en ligne le 13 mai 2009 à 11:18
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 « Chaque fois qu’un enfant né, un père vient au monde »
« Chaque fois qu’un enfant né, un père vient au monde »
Une cinquantaine de personnes ont participé à la 5e édition du Colloque Orpères, mardi dernier au CLSC Saint-Michel. Organisé dans le cadre de la Semaine québécoise des familles, l’événement s’interrogeait cette année sur « Comment travailler avec les pères? ».
« Dans la vie, on peut-être un ex-conjoint, un ex-chômeur ou un ex-toxicomane mais on ne devient jamais un ex-père». L’entrée en matière d’Yvon Lemay, qui travaille à la maison Oxygène spécialisée dans la relation père-enfant, a provoqué dans la salle du colloque Orpères comme une vague d’émotion. L’auditoire qui se composait en majorité d’intervenants communautaires et de parents s’est vu de suite confronter au cœur du problème. «Les pères sont plus importants qu’ils ne le croient pour leurs enfants, a ajouté le conférencier, mais aussi pour les mères et pour la société au complet. Nous en sommes conscients et c’est pourquoi nous sommes ici ». Comment rejoindre les pères? Les faire participer à des événements avec leurs enfants? Leur venir en aide? Autant de questions auxquelles il faut trouver des réponses pour améliorer la prise en charge.

Parce qu’un homme n’est pas socialisé comme une femme, le père est différent dans ses besoins, ses attentes et ses problèmes. Il demande rarement de l’aide ou attend souvent le dernier moment avant l’explosion d’où la violence qui peut parfois s’installer dans certaines situations. « Pour un gars bien souvent demander de l’aide est un aveu d’impuissance et l’impuissance et les hommes ne font pas bon ménage, explique Yvon Lemay. Si bien que quand il frappe à notre porte, c’est qu’il est au bout. Il faut donc une prise en charge rapide, des solutions concrètes ».

Accepter les pères tels qu’ils sont

En demande, les travailleurs sociaux présents, sont presque tous en poste à Saint-Michel. Ils viennent chercher des idées, des outils pour mieux répondre à la demande. Après l’exposé d’Yvon Lemay sur son expérience et sa vision de la paternité, des ateliers divisent le public en petit groupes le temps d’échanger remarques, questions et solutions. « Dans notre quartier, constate un des participants, en plus de la différence entre père et mère, il y a aussi la spécificité de la culture d’origine qui est parfois aux antipodes de la culture québécoise. Il faut donc aussi savoir faire comprendre au père que son rôle ne se construit pas que sur l’autorité ». Coordonnateur responsable chez Orpères, Jean-Paul Desilets est heureux de voir tout le monde au travail. « Le thème de cette année provient directement des suggestions du colloque de l’an passé, précise-t-il. Nous voulions apporter des réponses réfléchir à une problématique qui existe sur le terrain ». A l’heure du compte rendu de tous les ateliers, les bonnes idées fusent. Ici on propose une formation spécifique pour que les intervenants sachent comment accueillir les pères. Là on se demande s’il ne faudrait pas créer des Hommes-Relais à l’image de l’organisme féminin pour impliquer plus les hommes dans la communauté. Ailleurs on a pensé aux repas-causerie entre hommes, aux parties de hockey père-fils, à l’atelier de photo père-enfant. Comme le commentait un des participants venu là surtout en tant que père : « C’est à force de petits gestes qu’un grand mieux sera possible dans la vie des papas d’ici.»

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