Journée nationale d’action à Saint-Michel pour les demandeuses d’asile
Malgré la croyance populaire de malchance, le vendredi 13 a été une journée positive pour plusieurs résidants de Saint-Michel. Plus d’une trentaine de personnes, une majorité de femmes accompagnées d’enfants, ont participé à la Journée nationale d’action à Saint-Michel, organisée par la Maison d’Haïti et la Fondation Filles d’action. La soirée d’activités s’est déroulée sous le thème des demandeuses d’asile.
L’idée d’organiser cet événement provient de Mary Maud Joseph, une jeune femme ayant fait une demande d’asile et participant au programme de francisation de la Maison d’Haïti. Celle-ci a quitté récemment les États-Unis et mit un terme à une relation abusive. Accompagnée de ses trois enfants, elle est venue s’installer au Canada pour repartir à neuf et a trouvé de l’aide auprès de plusieurs organismes. « Je me sens libre, je peux m’exprimer. Filles d’action m’a inspiré à avancer dans ma vie, confie-t-elle. J’ai trouvé qui je suis vraiment. » La jeune femme désirait, en organisant la Journée nationale d’action, partager son expérience avec d’autres jeunes femmes ayant un fait une demande d’asile.
De plus en plus de demandes
Durant la soirée, plusieurs personnes ont parlé devant l’assemblée de la situation des demandeuses d’asile. Marjorie Villefranche, directrice des programmes à la Maison d’Haïti, connaît bien le sujet. À chaque année, l’organisme rencontre plus de 300 personnes et leur offre des conseils, sur la procédure des demandes, sur la vie dans le pays, les rassure et leur fournit des ressources pour les aider à trouver, entre autres, un logement et de la nourriture. « Depuis presque 2 ans, on se rend compte qu’il y a énormément de gens de la communauté haïtienne, provenant d’Haïti ou des États-Unis, qui demandent l’asile, explique Marjorie Villefranche. Cela place cette population dans une position d’extrême fragilité. Pour un organisme comme la Maison d’Haïti, c’est normal d’aider cette population ». Le personnel de la Maison d’Haïti se déplace également au YMCA de Montréal qui accueille une partie des demandeurs.
Des parcours difficiles
« Il y a plusieurs morceaux au casse-tête, c’est une démarche complexe » a affirmé au Journal de Saint-Michel Martha Lopez, travailleuse sociale. Une part de ces demandeurs est composée de mères monoparentales qui font face à des difficultés encore plus importantes. « Les femmes, demandeurs d’asile, n’ont pas droit aux services de garde pour leurs enfants ni aux subventions pour les services de garde dans les écoles ou dans le milieu familial, poursuit Martha Lopez. Donc, c’est très difficile pour une femme qui veut s’intégrer au marché de l’emploi ou à la société ».
Murielle, une jeune demandeuse d’asile, a été invitée à présenter un témoignage lors de cette Journée d’action. La jeune femme de 19 ans a quitté Haïti il y a plus d’un an à cause de la violence qui y sévit. Depuis son arrivée, elle a été confrontée à plusieurs difficultés. « On ne peut pas s’intégrer comme les jeunes filles qui sont citoyennes, souligne-t-elle. Pourtant les jeunes sont l’avenir du pays, c’est nous. » En arrivant au Québec, elle souhaitait compléter son secondaire 5 et étudier pour obtenir un métier. Entre temps, elle a eu un enfant et n’a pu retourner à l’école en raison de son statut. Elle s’inquiète du temps que cela prendra avant qu’elle ait un statut qui lui donne le droit de retourner à l’école. La Maison d’Haïti a d’ailleurs demandé en janvier au ministère de l’Immigration de permettre aux demandeurs d’asile d’aller à l’école pour adultes. Malgré tout, lors de son témoignage Murielle a encouragé les jeunes à aller jusqu’au bout. La soirée s’est terminée sur une note légère et festive avec la performance de danse de deux jeunes filles de l’école Louis-Joseph-Papineau et d’un repas aux saveurs créoles.