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Journée nationale de lutte contre la faim : les banques alimentaires de St-Michel très sollicitées

par Stéphane Rolland - Collaboration spéciale
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Article mis en ligne le 6 juin 2008 à 14:21
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Journée nationale de lutte contre la faim : les banques alimentaires de St-Michel très sollicitées
Les sœurs jumelles bénévoles Nicole Hamel (à gauche) et Colette Hamel (à droite) prépare un repas communautaire au Carrefour Populaire St-Michel.
Journée nationale de lutte contre la faim : les banques alimentaires de St-Michel très sollicitées
Plus de 110 000 Montréalais, dont 33 000 enfants, ont rejoint les rangs des 720 000 Canadiens qui ont eu recours à l’aide des banques alimentaires en 2007. Plusieurs regroupements de lutte à la pauvreté ont fait front commun afin de sensibiliser les pouvoirs publics à cette dure réalité dans le cadre de la Journée nationale de lutte contre la faim le 5 juin dernier.
Le quartier St-Michel est particulièrement touché par ce phénomène où les banques alimentaires, comme Mon Resto St-Michel qui compte plus de 600 membres inscrits, sont très achalandées. L’organisme a distribué 5 000 repas l’année dernière et a donné une aide d’urgence à 286 ménages. «C’est un quartier qui sert de lieu de passage pour de nombreux immigrants récents, explique le directeur de Mon Resto St-Michel, Hamid Karti. La plupart n’ont pas de sécurité de revenu durant les trois premiers mois suivant leur arrivée.»

Malheureusement, demander l’aide alimentaire peut porter un dur coup à l’estime personnelle, ce qui en repousse certains. C’est pour cette raison que cet organisme offre des services participatifs d’éducation citoyenne comme des cuisines collectives, des cours et des groupes d’achats. «Certaines banques alimentaires doivent répondre aux premiers besoins, explique Hamid Karti. Pour notre part, nous essayons de leur donner le sentiment qu’ils se prennent eux-mêmes en charge. Offrir un repas à trois dollars permet de respecter la dignité de notre clientèle.»

Le Carrefour populaire St-Michel offre un service de repas semblable avec ses dîners à deux dollars les mercredis. Son service de banque alimentaire est par ailleurs venu en aide à plus de 1 300 personnes en 2007.Toutefois, beaucoup de gens n'ont pas accès aux services, notamment parce qu'ils travaillent pendant les heures d'ouverture de l’organisme. «Les petits salariés qui travaillent de jour n'ont pas accès à notre service de banque alimentaire. C’est une clientèle que l’on aimerait bien rejoindre, explique la coordonnatrice du club sécurité alimentaire du Carrefour populaire St-Michel, Cendrine Poitras. Nous espérons pouvoir faire quelque chose en ce sens l’automne prochain.»

Contexte économique

Selon le porte-parole de l’Association canadienne des banques alimentaires (ACBA), Jean Pigeon, cette initiative pourrait s’avérer intéressante puisque de plus en plus de travailleurs fréquentent les banques alimentaires. «Beaucoup d’employés qui travaillent au salaire minimum n’ont plus les moyens de joindre les deux bouts. Une fois les frais de l’école, de la garderie et du logement payés, ils n’ont pas le choix de couper dans le budget de l’épicerie», déplore-t-il.

Les responsables des banques alimentaires craignent que le contexte économique actuel marqué par la hausse du prix du pétrole et des denrées provoque une autre hausse de leur clientèle au moment même où leurs activités seront perturbées. «Avec la hausse du prix des ingrédients nécessaires à leurs produits, les entreprises porteront une attention plus pointue à la production de leurs aliments, écrit la directrice générale de Moisson Montréal, Johanne Théroux dans un communiqué. Il en résultera un moins grand nombre de dons d’aliments pour les banques alimentaires.»

Cendrine Poitras n’a pas encore remarqué de changement au sein du Carrefour populaire, mais prévoit, elle aussi, une augmentation de sa clientèle dans un avenir rapproché. «Si les prix des logements et du transport augmentent, je pense qu’il y aura un plus grand roulement chez nous. Est-ce que ça veut dire qu’il faudra augmenter le prix de nos dîners si notre coût de fonctionnement augmente? C’est une possibilité, mais le gouvernement devra intervenir pour nous aider. Dans le cas contraire, il risque d’y avoir des manifestations.»

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