La maire de l'arrondissment Villeray-St-Michel-Parc-Extension était présente lors du 4e Colloque Orpères. À droite, Jean-paul Désilets, responsable du groupe Orpères et coordonnateur de l'événement.
4e Colloque Orpères, 1er colloque d'arrondissement: Coopérer pour venir en aide aux pères
Malgré la panoplie de services offerts aux familles de l’arrondissement par divers organismes communautaires et parapublics, il existe très peu de ressources dédiées spécifiquement aux pères. C’est le constat qu’ont dressé tous les intervenants du milieu communautaire et institutionnel présents au 4e Colloque Orpères, mercredi le 14 mai dernier.
Présenté par la Maison de la famille de St-Michel dans le cadre de la semaine Québécoise des familles sous le thème «Mieux comprendre les pères pour mieux les aider», le colloque, qui se tenait au carrefour populaire St-Michel, réunissait pour une première fois depuis ses débuts les intervenants de tout l’arrondissement Villeray-St-Michel-Parc-Extension. La maire de l’arrondissement, Mme Anie Samson, de même que la conseillère municipale du district de St-Michel, Mme Soraya Martinez étaient également présentes.
Des services mal adaptés aux pères
Bien que la grande majorité des familles monoparentales soient dirigées par des femmes, une proportion croissante de pères ont la garde de leurs enfants. Si on ajoute au calcul les pères divorcés qui se soucient de l’éducation de leurs enfants, ce nombre augmente considérablement. D’où le besoin d’avoir des services destinés aux hommes.
«On se rend compte que quand on veut rejoindre les pères dans des activités communautaires, c’est difficile», explique le responsable du groupe Orpères, Jean-Paul Désilets. Pour lui, depuis les années 1970 les organismes communautaires ont surtout été créés pour répondre à des besoins de femme. Ce contexte ne favorise pas la participation des hommes aux activités et services communautaires, dans lesquels ils ne se reconnaissent pas toujours. «On a organisé des activités parents-enfants, à la Maison de la famille et il y a un père qui est venu. Il s’est retrouvé devant 15 femmes autour d’une table, alors il n’est pas revenu», illustre Jean-Paul Désilet.
Ce n’est pas que les besoins des hommes et des femmes en matière d’aide aux familles ne soient très différents; la plupart des organismes offrent de l’aide à l’emploi, des halte-garderies ou des cours prénataux, des services utiles aux parents des deux sexes. La différence réside toutefois dans l’approche, estime Jean-Paul Désilet.
Autres difficultés
Les heures d’ouvertures peu adaptées aux horaires de travail des papas et le manque de ressources constituent d’autres obstacles à l’offre de services plus adaptés à une clientèle masculine.
En discutant de ces problèmes ouvertement, certains ont toutefois réussi à trouver des solutions. C’est ce type de mise en commun de ressources et de pratiques que visait entre autres à favoriser le 4e Colloque Orpères. «C’est lors de journées comme aujourd’hui que naissent les projets, affirme l’organisatrice communautaire du CSSS Cœur de l’Île, Johanne Rheault. On a besoin de connaître les ressources pour pouvoir collaborer ensemble. Il y a un manque d’information à pallier pour éventuellement réinventer certaines façons de faire pour mieux venir en aide aux pères.»
Vers plus de communication?
La création d’outils de communication entre les différents organismes est entre autres ressortie des discussions qui ont suivi les différentes présentations. Certains ont même proposé la création d’un blogue afin de mieux mettre en commun les pratiques des différents intervenants du milieu.
Si beaucoup d’efforts doivent être déployés par ces derniers pour mieux venir en aide aux papas, pour plusieurs, il va également de soi que la valorisation du rôle de père doit se faire à une échelle beaucoup plus large pour que les choses évoluent. L’image de l’homme qui se définit uniquement par son travail et son rôle de pourvoyeur est tenace, et demander de l’aide reste souvent difficile pour les hommes. Malgré tout, la situation change, estime Jean-Paul Désilets. «Depuis quelques années je dirais que les pères viennent davantage chercher des services, viennent davantage questionner, ce qui était beaucoup moins le cas auparavant.»