Après neuf tempêtes
La carrière déborde
Après les tombées considérables aux quatre coins du Québec, à Saint-Michel, on s'inquiète de pouvoir continuer à recevoir la neige dans la carrière. Le Journal de St-Michel s'est rendu sur place afin de démystifier la logistique du déneigement, un peu moins habituelle cette année.
L'environnement michelois est bordé par des montagnes de neige monstres qui, encore la semaine dernière, prenaient encore du poids. L'hiver 2007 sera sans doute mémorable pour tout le monde, mais encore plus pour les différents acteurs du dossier de déneigement.
À cause de l'immense carrière Francon, situé au cœur de son quartier, Saint-Michel est tout désigné pour recevoir les nombreuses bordées de neige durant l'hiver. Ce sont en fait six autres arrondissements qui viennent y jeter les surplus de flocons. Mais à cause des tombées presque record sur la tête des Montréalais, certains contrats ont dû être annulés par l'arrondissement Villeray/Saint-Michel/Parc-Extension (VSP), question d'avoir assez d'espace pour y stocker sa propre neige.
«Ce qui devrait tomber naturellement dans un cône et monter tranquillement est devenu tellement haut que les camions ne peuvent plus mettre la neige dans le trou, explique Anie Samson, maire de l'arrondissement. C'est ce qui nous a obligé à fermer des contrats, la semaine dernière. On a loué des méga souffleuses pour souffler la neige, mais ça ne marche plus, c'est rendu trop haut.»
Les arrondissements qui comptaient sur la carrière de Saint-Michel doivent se résoudre à trouver un autre emplacement pour déposer leur neige. «On a gardé un contrat avec le Ministère des Transports du Québec et deux avec Ahuntsic», explique Mme Samson.
En plus de réduire les contrats, l'arrondissement a dû demander au nouveau propriétaire de Smart Centres de bien vouloir offrir son terrain aux surplus de neige. L'ancienne carrière Miron a elle aussi été utilisée comme dépotoir. «C'est année, c'est effectivement un problème, dit Mme Samson. Pour qu'on se rende à Smart Centres c'est que c'est exceptionnel.»
Déneigement long
Un autre problème de ces quantités monstres de neige, c'est la lenteur des opérations. Si parfois les citoyens aperçoivent des souffleuses en arrêt, c'est que tous les camions nécessaires au déneigement sont en train d'aller porter leur neige dans la carrière. «Il y a peut-être six ou sept camions par contrat de neige et quand ils sont dans le trou en même temps, ils ne sont pas sur le terrain à déneiger», explique Mme Samson.
Si la disponibilité des camions laisse parfois à désirer, reste que chacun des citoyens a sa part de responsabilité. Il y a des voitures qui sont ensevelies sous la neige et des propriétaires qui se disent qu'ils n'auront qu'à payer leur contravention pour que la ville déplace leur voiture. «Le temps qu'on prend pour faire ça, c'est le temps qu'on perd à déneiger, dit Mme Samson. Je trouve que les propriétaires devraient être un peu plus responsable.»
Un éternel combat
Au moment de mettre sous presse, les contrats de neige à la ville venaient de prendre fin, allant du 15 novembre au 15 mars, qu'il neige ou pas. Habituellement, ces contracteurs sont payés pour 200 centimètres, même s'il en tombe un peu moins. «Cette année, ils ont été payés beaucoup plus, dit Mme Samson. On se demande si on doit renouveler au 15 mars et si oui, jusqu'à quand et selon quelles conditions.»
«Le budget a fondu comme neige au soleil»
Comme tous les autres arrondissements, VSP a demandé à la ville centre de lui fournir plus d'argent pour l'opération déneigement, finissant l'année 2007 avec un déficit de 2,3 M$. «Cette année, on avait un budget de 8,1 M$ qui était déjà épuisé avant la dernière tempête, explique la maire. Donc on va payer l'excédant à même les budgets qu'on a actuellement.» Elle affirme qu'il faudra toutefois peut-être songer à couper dans certains services, comme les heures de bibliothèques ou les services aux citoyens.
Vu la quantité impressionnante de neige dans la carrière, Mme Samson croit qu'on pourrait encore voir quelques flocons en septembre prochain dans le fond de la carrière.
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