Quelques membres de la coalition. Dans l'ordre habituel, Chantal Registre; le représentant de Thomas Mulcair, Graham Carpenter; le président de la Ligue des Noirs, Dan Phillips; les conseillers à la ville de Montréal, Marvin Rotrand et Warren Allmand; l'animatrice de la conférence, Line Goyette; le représentant de la Ligue des droits et libertés, Dominique Preschard; la représentante d'Amnistie internationale, section Canada francophone, Anne Sainte-Marie et un membre de la famille de Claudio Castegnetta, Charles Rice.
Pour un moratoire sur l'utilisation du Taser
La coalition pour un moratoire immédiat du pistolet électrique a donné une conférence, jeudi dernier, afin de demander au président de la Commission de la sécurité publique de l'agglomération de Montréal, Claude Dauphin, un moratoire sur l'utilisation du Taser, en présence de membres de la famille de Quilem Registre et Claudio Castagnetta, deux victimes mortes après avoir reçu une décharge électrique.
C'est que la coalition, formée de Marvin Rotrand et Warren Allmand, conseillers municipaux montréalais, Thomas Mulcair, député d'Outremont à la Chambre des communes, Louise Harel, députée d'Hochelaga-Maisonneuve à l'Assemblée nationale, la Ligue des droits et libertés, Amnistie internationale, section Canada francophone ainsi que la Ligue des Noirs du Québec, n'est pas satisfaite du rapport fourni dernièrement par le comité ministériel chargé d'étudier la question.
Selon le rapport, le Taser ne serait pas une arme dangereuse. « Le rapport conforte les policiers », déplore le représentant de la Ligue des droits et libertés, Dominique Preschard. Celui-ci déplore notamment que le rapport ne tienne pas compte de la dangerosité du Taser. « L'usage du Taser est banalisé dans le rapport, laissant à la discrétion du policier son utilisation », a-t-il renchéri.
La coalition déplore d'autant plus que les effets médicaux entourant la question aient été laissés de côté, alors qu'un seul médecin siégeait sur le comité, sur un total de 15 personnes. Elle s'entend pour dire que l'étude n'est pas acceptable.
En termes clairs, la coalition a demandé que l'utilisation du Taser soit interrompue, le temps qu'une enquête plus approfondie soit menée. Selon M. Allmand, « on nie que cette arme puisse causer la mort », a-t-il dit.
La représentante d'Amnistie internationale, section Canada francophone, a par ailleurs mentionné qu'on comptait 20 décès seulement au Canada, des suites de l'utilisation du Taser. « Le Taser est considérée comme une arme de torture, tant au Etats-Unis qu'au Canada », a-t-elle ajouté.
Mme Sainte-Marie a évoqué les séquelles laissées par la décharge de 50 000 volts sur l'être humain. Les séquelles psychologiques, alors que certaines personnes ont été marquées toute leur vie après avoir reçu une telle décharge, ont été mentionnées, mais Mme Sainte-Marie a aussi parlé de brûlures graves qui sont parfois survenues.
Un représentant de la communauté italienne est venu réitérer son appui avec la coalition. « On a suivi le dossier depuis le début et on est derrière vous », a-t-il mentionné.
Saint-Michel : un lieu symbolique
La conférence s'est tenue dans un établissement de Saint-Michel, un lieu symbolique des effets néfastes du Taser. En octobre dernier, Quirem Régistre, un Michelois, avait été la proie de ce pistolet électrique, y laissant sa vie quelques jours après avoir reçu les décharges. Sa sœur, Chantal Registre, était présente lors de la conférence, appuyant la coalition dans ses démarches.