Entrevue avec Michel Gatignol, metteur en scène
Dans le cadre des Journées de la culture 2007, le Michelois Michel Gatignol a présenté à la Maison de la culture Villeray/Saint-Michel/Parc-Extension le 28 septembre dernier, sa pièce de théâtre Portalaphrapon.
Portalaphrapon, signifie «On frappe à la porte», à l’envers. La pièce du Michelois Michel Gatignol illustre l’âme un peu trop dictatoriale d’un metteur en scène perfectionniste. Entrevue avec un metteur en scène beaucoup moins égocentrique, mais quand même «un peu comme ça».
J. St-M. : Expliquez en quoi consiste la pièce?
M.G. : @R:C’est difficile à raconter. En gros, c’est un metteur en scène qui développe sa propre théorie à propos de la porte qui conduit les artistes de leur coulisse à la scène. Il est très dictatorial, égocentrique même et traite ses acteurs comme s’ils étaient de la merde.
J. St-M. : Vous avez donc créé un univers un peu absurde?
M.G. : @R:Oui et non. Mon but premier est quand même de divertir, mais c’est vrai que ça peut être perçu comme absurde. Mais toute l’histoire se tient en elle-même.
J. St-M. : Pourquoi avoir choisi de présenter la pièce à Saint-Michel?
M.G. : @R:J’ai fait une petite tournée des maisons de la culture, dont celle de Saint-Michel. Claude Morissette, le directeur, a retenu Portalaphrapon. D’ailleurs, la salle est vraiment parfaite. On a eu la chance d’en avoir la disposition pendant une semaine complète avec un technicien. Ça nous a vraiment permis à tous de bien nous familiariser avec la scène. La pièce sera aussi présentée à maison Plateau Mont-Royal le 8 novembre prochain.
J. St-M. : Est-ce à Saint-Michel que la pièce a été présentée la première fois?
M.G. : @R:En fait, nous avons déjà joué la pièce au festival Fringe 2006 où nous avons remporté le prix du meilleur texte francophone. Les critiques ont été généralement excellentes. Ce n’est pas pour rien qu’on a gagné le prix!
J. St-M. : Qu’est-ce qui vous a donné le goût de créer cette pièce?
M.G. : @R:Après le festival Fringe, je me suis souvenu de ce qu’était le théâtre. En fait c’est une passion qui me suit depuis toujours. Je suis d’ailleurs le cofondateur de Théâtre libre, qui existe maintenant depuis dix ans et qui prend place au Lion d’or. J’ai pris des cours de jeu, mais j’ai réalisé que c’était l’écriture et la mise en scène qui m’attiraient. J’ai aussi fait l’adaptation de plusieurs pièces de théâtre et donné des ateliers.
J. St-M. : Où avez-vous déniché les comédiens?
M.G. : @R:Ce sont tous des comédiens semi professionnels ou professionnels que j’ai connus à travers des ateliers ou des pièces de théâtre.
J. St-M. : On sait que le personnage principal est très dur avec ses comédiens. Êtes-vous comme lui?
M.G. : @R:C’est certain qu’il y a un peu de moi, mais il s’agit surtout d’une caricature très exagérée de plusieurs metteurs en scène que j’ai rencontrés au cours de ma vie artistique. Ça doit quand même être assez réaliste puisque certains comédiens ont reconnus dans le personnage des metteurs en scène avec qui ils avaient travaillés. En général, les metteurs en scène ont souvent un gros ego. Je suis moi-même un peu comme ça…