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Le comité local prostitution de Saint-Michel a rencontré les citoyens

par Vivianne Saint-Denis/Collaboration spéciale
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Article mis en ligne le 11 mai 2007 à 18:20
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Le comité local prostitution de Saint-Michel a rencontré les citoyens
Depuis 1999, le comité local prostitution de Saint-Michel travaille à diminuer les problèmes qu’engendre la prostitution sur la qualité de vie des citoyens. Le 3 mai dernier au Centre Éducatif Communautaire René-Goupil (CECRG), le comité a rencontré les citoyens pour discuter de la prostitution et présenter un portrait de la criminalité dans le secteur Jean-Rivard et plus particulièrement dans le quadrilatère Ovila-Légaré.
Ce quadrilatère, qui se situe entre la 42e avenue et le boulevard Industriel ainsi qu’entre le boulevard Pie-IX et la 25e avenue, est reconnu pour être un lieu où l’on retrouve de nombreuses travailleuses du sexe. Pour minimiser les « irritants » reliés à cette profession, le comité local prostitution travaille à améliorer l’environnement en assurant un meilleur éclairage de lieux publics, en ramassant les seringues et les préservatifs. Le comité travaille également auprès des travailleuses et des personnes à risque en distribuant du matériel stérile et en menant plusieurs autres actions. Avec la rencontre du 3 mai, le comité désire réaliser des gestes de concert avec les citoyens afin d’améliorer leur qualité de vie. «On veut que les citoyens reprennent possession de leur quartier. On est là pour vous aider», a affirmé Sonia Daly de l’organisme Tandem VSP et responsable du comité local prostitution à l’assistance. Le comité collabore aussi avec la police.

Fady Dagher, commandant du poste de quartier 30, ne cache pas qu’il y a eu des plaintes reliées à la prostitution et aux gangs de rue en 2006. C’est pourquoi, le service de police a mené une enquête et, en décembre 2006, a arrêté une vingtaine d’individus. Pourtant, dès janvier, les gangs de rue ont recommencé leurs activités. Puis, le 2 mai, des policiers du poste 30 ont effectué une descente principalement dans le secteur Ovila-Légaré. Avec 8 perquisitions et une quinzaine d’arrestations, les policiers du poste 30 ont saisi 3 123 roches de crack, 2 armes à feu et plus de 10 000 $ de saisie. Les citoyens présents à la rencontre ont applaudi et félicité le commandant. M. Dagher a ajouté très sérieusement : «S’ils reviennent, on va recommencer». De plus, pour surveiller les gangs de rue, il y aura cet été, dix policiers de plus que l’année dernière dont quatre à vélo.

Le commandant a également présenté un portrait de la criminalité pour le secteur Ovila-Légaré où l'on remarque une diminution de la criminalité de 2004 à 2006 pour la période chaude de l’année, soit d’avril à septembre. En effet, la moyenne des appels pour des méfaits, conflits et bagarres a diminué de 2004 à 2006. Toutefois, le problème des gangs de rue et de la vente de stupéfiants est toujours aussi préoccupant. Malgré tout, M. Dagher a souligné le travail d’équipe entrepris par les acteurs de l’arrondissement. Les actions des organismes communautaires, des politiciens et de la police ont porté fruit.

Par ailleurs, la police du quartier axera davantage ses actions sur les clients des travailleuses du sexe. La police a reçu plusieurs plaintes de résidantes qui ont été approchées par des hommes à la recherche de faveurs sexuelles. Le commandant affirme même que des femmes se sont faites aborder alors qu’elles étaient avec leur bébé. «Les clients vous harcèlent», a déclaré le commandant aux citoyennes dans la salle. Il est possible, d’ailleurs, d’appeler au poste de police pour donner des renseignements sur les clients. De plus, le comité local prostitution a mis en place en 2003 le projet Cyclope qui incite les citoyens à dénoncer les clients des travailleuses du sexe.

Durant la rencontre, plusieurs personnes ont donné leur opinion sur la prostitution et leurs suggestions. Un homme a prôné la tolérance zéro sur la prostitution et la drogue alors que d’autres personnes voulaient simplement éviter de retrouver des condoms et des seringues dans les parcs ou dans les rues. Des citoyennes ont suggéré que l’arrondissement et le service de police posent des caméras dans les ruelles et une dame conseillait plutôt d’ajouter des lumières qui s’allument lorsqu’il y a du mouvement dans des lieux stratégiques. Bref, l'heure est encore à l'élaboration de solutions pour le comité local prostitution.

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