Louise Manseau, membre du comité citoyen, agenouillée devant le mannequin George, mise en scène choc pour témoigner de la problématique de la sécurité des enfants avec la compagnie de remorquage dans le paysage. Photo:Marie-Luce Pelletier-Legros
«Dehors Météor!»
Manifestation pour le départ de la compagnie de remorquage
«Météor détériore», «Un dépotoir d'autos pour les Michelois, Bravo à nos élus!», «CPE, École, Église, Fourrière: Où est l'erreur?», «Une nouvelle poubelle à St-Michel» pouvaient lire les automobilistes qui circulaient sur Crémazie Nord entre St-Michel et d'Iberville le 5 mars.
Dès 7h45 et jusqu'à 9h, une soixantaine de personnes ont bravé la neige et le froid pour crier leur désaccord et leur ras-le-bol de la présence de Météor dans le paysage michelois. «Dehors Météor!», scandaient-ils en arpentant la voie de service de la Métropolitaine. De nombreux klaxons se sont faits entendre, en signe d'appui à la manifestation.
Le comité citoyen du Carrefour populaire avait réussi à attirer de nombreux résidants du secteur en plus d'être appuyé par Vivre St-Michel en santé, le CLSC et Éco-quartier St-Michel.
Au coin de la 2e Avenue, tout près du Carrefour populaire, une simulation d'accident faisait ralentir les passants. Par terre, un mannequin nommé Georges, ressemblant drôlement à un enfant de 6 ou 7 ans, reposait par terre au milieu de flaques ketchup représentant du sang.
Mise en scène, peut-être. Mais un scénario que craignent au plus haut point les résidants du secteur et les membres du comité citoyen du Carrefour populaire. De nombreux enfants fréquentent l'école St-Bernardin à deux pas de l'entrée principale de la fourrière!
Mauvaise nouvelle
Malheureusement pour les manifestants, les nouvelles sont mauvaises. Le terrain convoité par Serge Landry pour le déménagement de Météor ne convient pas aux besoins de la compagnie. Toutefois, il maintient son objectif de quitter le plus tôt possible le dessous de la Métropolitaine. «Je sais que l'on n'est pas les bienvenus et que l'on dérange. Mais cette situation est loin de faire notre affaire, on aime pas ça être là!», indique Serge Landry, qui dit faire son possible pour être le moins dérangeant pour les gens du secteurs. D'ailleurs, il a bien averti ses remorqueurs de ne pas emprunter les avenues s'ils n'avaient pas besoin d'y circuler. Lundi, question de ne pas tourner le fer dans la plaie et pour veiller à la sécurité des manifestants, il avait sommé ses conducteurs de ne pas se pointer dans le secteur avant 9h.
Présences remarquées
Soraya Martinez et Frank Venneri sont venus faire leur tour pour signifier leur appui aux manifestants. «Ce n'est pas un dossier très facile, on travaille dans l'ombre. C'est décourageant parce que là nous retournons à la case départ. Je comprends le manque de confiance des citoyens à notre égard, mais je tiens à les appuyer parce que je ne suis pas du tout d'accord avec ça», a dit la conseillère du district de St-Michel, Soraya Martinez. De son côté, Frank Venneri, conseiller du district de François-Perrault, a réitéré qu'il travaillait toujours de concert avec la Ville pour faciliter la transaction dès que Météor trouvera un terrain qui lui convient. «Cette situation n'est vraiment pas la "meilleure". Nous allons tout faire pour que ce dossier se règle d'ici le mois de juin», a-t-il ajouté.
Souhait que partage la mairesse de l'arrondissement Anie Samson, qui est allée, elle aussi, supporter les manifestants. «Je suis ici parce que je trouve la situation aussi inacceptable que vous», a-t-elle assurée aux citoyens.
Les candidats du Parti québécois, Naïma Mimoune, du Parti libéral, Emmanuel Dubourg, et de Québec solidaire, Valérie Lavoie sont eux aussi passé au cours de la manifestation et sont tous trois sur la même longueur d'ondes. La présence de Météor sous la Métropolitaine, en plein centre d'un milieu de vie où évoluent des enfants, travailleurs et personnes âgées est inacceptable. Ils en feront leur priorité pour le quartier.
Toujours prêts!
Les citoyens étaient assez satisfaits de l'expérience, mais un peu déçu et de constater que le dossier n'est pas prêt de se régler et de voir que seul le Journal de St-Michel s'est déplacé pour l'occasion. Ils étaient tout de même prêts à recommencer dès la semaine prochaine. «Nous allons prendre le temps de faire le post-mortem de cette manifestation avant de mener d'autres actions. Mais c'est certain qu'il y aura d'autres évènements», assure l'agente de participation citoyenne du Carrefour populaire de St-Michel, René-Claude Bergeron.