Annonces classées | Nos Hebdos
Journal de St-Michel
Jean-Talon
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

La rue Jean-Talon, une constante évolution

Marie-Luce Pelletier-Legros par Marie-Luce Pelletier-Legros
Voir tous les articles de Marie-Luce Pelletier-Legros
Article mis en ligne le 12 mars 2007 à 10:18
Soyez le premier à commenter cet article
La rue Jean-Talon, une constante évolution
La rue Jean-Talon, principale artère commerciale du quartier St-Michel, est à l'image de la population micheloise : bigarrée, diversifiée, riche de mille et une cultures. Les pâtisseries côtoient les boucheries halal, les petits cafés italiens et les magasins d'alimentation des îles… Une promenade sur cette artère, c'est le tour du monde en 136 commerces.
Au cours de son histoire, le quartier St-Michel a vécu de nombreuses transformations démographiques, sociales, politiques et culturelles. Telle un caméléon, la rue Jean-Talon a su de modeler aux rythmes de ces changements. Une évolution dont on ne pourrait vanter les mérites, si Jean Talon, premier intendant de la Nouvelle-France au 17e siècle, n'avait pas contribué au peuplement de la colonie en misant notamment sur… l'immigration.
Petite histoire toponymique
Jean Talon fût nommé premier intendant de la Nouvelle-France par Jean-Baptiste Colbert, alors ministre des Finances du roi soleil Louis XIV, en 1665. Il était mandaté pour mesurer les progrès réalisés en Nouvelle-France, colonie française d'Amérique du Nord. Grâce à son enthousiasme et son génie, mais beaucoup à cause de sa politique nataliste et d'immigration, il a contribué à l'accroissement rapide de la population de la colonie. Le premier recensement de Talon effectué en 1665-1666 révèle que Montréal ne comptait que 635 habitants contrairement à Québec qui comptait en 2100! Maintenant, la Métropole est peuplée de presque 2 millions de personnes.

La Ville de Montréal a officialisé le nom de l'artère Jean-Talon le 17 janvier 1927, à l'époque du maire Camillien Houde. Constituée de plusieurs tronçons ouverts à différents moments, la rue Jean-Talon traverse la ville en entier, en passant de Ville Mont-Royal à St-Léonard. Les différents bouts de rue qui sont intégrés dans l'artère actuelle sont entre autres les rues Hughes, de Ventadour, Hopper, Baugh, Isabeau, Tiffin, Bagg, Baby, Hanoteaux, de Namur, du Marché, Saint-Pascal, l'Avenue Dresden, le Chemin de la Petite-Liesse et le Chemin de la Savane.
Au gré des changements
Depuis le passage de Jean Talon en Nouvelle-France, il s'en est passé des choses. En 1763, la Nouvelle-France est devenue une colonie britannique, divisé en Haut et en Bas Canada. En 1867, la Confédération a donné naissance au Canada et à la province de Québec. Le quartier St-Michel est passé en moins d'un siècle de village agricole à banlieue de la ville de Montréal. De 1946 à 1964, la population de la Cité St-Michel, puisque l'annexion à la ville centre n'aura lieu qu'en 1968, passe de 6000 à 68000 habitants. Sa population est composée majoritairement d'ouvriers qui travaillent dans les carrières Francon et Miron et parmi eux de nombreux Italiens venus s'établir au Québec suite à la Seconde guerre mondiale.

Plusieurs d'entre eux prennent la 141 Jean-Talon pour se rendre jusque dans la Petite Italie, située sur St-Laurent entre les rues St-Zotique et Jean-Talon, ou encore au Marché Jean-Talon pour y faire leurs emplettes. Et pour beaucoup, la rue Jean-Talon dans le quartier St-Michel devient une extension de la Petite Italie à l'est avec ses restaurants, magasins et cafés où les Italiens se rencontrent pour parler de tout, de rien et de leur sport nationale : le soccer! Il ne faudrait pas oublier aussi les marchés et les commerces affichant les couleurs d'Haïti!
Le Petit Maghreb
Depuis une dizaine d'années, le quartier St-Michel voit de nouvelles nationalités fouler son sol: des Algériens, Marocains et Tunisiens. Ces ressortissants des pays maghrébins ont maintenant investis le secteur de la rue Jean-Talon compris entre l'Avenue Shelley et le boulevard Pie-IX.

De plus en plus, cette artère est considérée comme «Le Petit Maghreb» par les Michelois et même par le reste de Montréalais. Les boucheries halal, les cafés où l'on vous sert un thé au jasmin sucré, les pâtisseries, les épiceries et même la mosquée vous plonge au cœur de la culture maghrébine implantée au cœur du quartier St-Michel.

«Le Petit Maghreb», une histoire à suivre la semaine prochaine…

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

La question du net

  • Êtes-vous favorable à un règlement plus incisif sur la propreté dans l’arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension?
  • Oui
  • Non