Vivan Barbot, députée bloquiste de Papineau, a vivement dénoncé l'attitude du gouvernement Harper dans le dossier du programme Placement carrière-été. À l'arrière, la mairesse de VSP, Anie Samson appuie les organismes dans leur démarche. Photo:M.-L. P.-L.
Front commun pour sauver l'été des jeunes
Coupures prévues au programmes Placement carrière-été
Trois organismes de l'arrondissement Villeray/St-Michel/Parc-Extension ont décidé de faire front commun pour dénoncer les coupures prévues de près de 55 millions$ dans le programme fédéral de Placement carrière-été.
Yves Lévesque de Vivre St-Michel en santé, Andrès Forcilla du Regroupement pour le développement de Villeray ainsi que Gérald-Charles Valente de Parc-Extension, quartier en santé ont sonné l'alarme. Ils ont exposé que les coupures annoncées seraient lourdes de conséquences. Elles forceraient plusieurs organismes à faire des choix douloureux pour l'été à venir, notamment celui de sabrer dans les places de camps de jour offerts aux enfants.
«Nous abordons la problématique des coupures avec les camps de jour, parce que c'est là que les coupures au programme Placement carrière-été risque de faire le plus mal», a démontré Yves Lévesque de VSMS. La majorité des emplois créés par ce programme le sont auprès des jeunes qui en sont à leur premier emploi et ces emplois sont souvent reliés de près ou de loin aux camps de jour.
La directrice du Centre éducatif communautaire René-Goupil (CECRG), Nathalie Blais, a témoigné pour le maintient du financement du programme fédéral. «Dans notre secteur, considéré comme plus défavorisé, nous offrons le service de camps de jour à plus de 80 jeunes. Si nous sommes obligés d'augmenter les tarifs, qui sont de 20$ par semaine présentement, à cause des coupures, beaucoup de familles se retrouveront devant le choix difficile d'envoyer un seul de leur enfant ou de ne pas les envoyer au camps du tout!», a insisté Madame Blais.
Le camp de jour du CECRG permet aux enfants faire une sortie d'une semaine à l'extérieur de Montréal. Des interventions plus ciblées et du travail sur les plans intellectuel et social sont aussi faits auprès des enfants qui le fréquentent.
«À cause de ces coupures, plusieurs enfants risquent de prendre de mauvaises habitudes durant l'été. Nous desservons le secteur près du parc Ovila-Légaré où il y a beaucoup de prostitution et de gangs de rue», a ajouté Madame Blais.
Les élus et les organismes interpellés
Plusieurs autres représentants d'organismes communautaires ont tenu à peu près le même discours que Nathalie Blais du CECRG. Ils sont tous d'accord pour dire que ces coupures sont inadmissibles et que les organismes ne peuvent continuer à fonctionner avec des budgets sans cesse réduits. «Nous donnons des services essentiels à la population, des services que les gouvernements ne peuvent pas offrir eux-mêmes», ont-ils souligné.
Vivian Barbot, députée fédérale de Papineau, Elsie Lefebvre, députée provinciale de Laurier-Dorion, Anie Samson, la mairesse de VSP ainsi que Kenneth George, commissaire scolaire ont tous appuyés la démarche entreprise par les organismes de l'arrondissement.
«Ce que nous dit le gouvernement Harper avec ces coupures, ces que ces programmes ne sont pas utiles, ne sont pas nécessaires, et que ceux qui n'ont pas d'argent n'ont qu'à aller en chercher. C'est aussi simpliste que ça», s'est indigné Madame Barbot.
«Je trouve intéressant de voir que le milieu se soit autant mobilisé. C'est sûr qu'à l'arrondissement, on va essayer de voir ce que l'on peut faire pour aider, parce que c'est sûr que cela va avoir un impact sur nos jeunes», a ajouté la mairesse de VSP, Anie Samson.
Les recours sont toutefois plutôt limités pour les organismes touchés. Les coupures au programme Placement carrière-été pourraient figurer au prochain budget fédéral déposé le 19 mars. Mais la Chambre des communes fait relâche pour deux semaines à partir du 5 mars. Ce qui ne laisse à peu près pas de latitude aux organismes pour agir.
«Pour alerter le gouvernement Harper sur les conséquences de ces coupures, il faudrait peut-être le prendre par l'aspect de la sécurité, qui semble lui tenir très à cœur», a suggéré la députée sortante de Laurier-Dorion, Elsie Lefebvre.
Le député fédéral de St-Michel/St-Léonard Massimo Pacetti, qui n'était pas présent lors de la conférence, a tenu à souligner le non-sens de ces coupures. «Nous leur avons laissé des surplus de plusieurs milliards et eux n'arrêtent par de couper tous les programmes que nous avions mis en place. C'est clair que ça n'a pas de sens», a-t-il dit au Journal de St-Michel en entrevue téléphonique.
Les coupures appréhendées au programme Placement carrière-été de 55,4 millions$ auront sans aucun doute des répercussions néfastes pour des centaines d'enfants de l'arrondissement VSP.
D'ici le dépôt du budget, le 19 mars, les organismes communautaires n'ont plus qu'à espérer que leur cri d'alarme se fraie un chemin jusque dans l'oreille du premier ministre Harper.
DERNIÈRE MINUTE!: Le gouvernement conservateur de Stephen Harper vient de changer le nom du programme Placement carrière-été pour Emplois d'été Canada. Il semblerait que la mission et les objectifs du programme resteraient les mêmes.
Placement carrière-été : Quelques chiffres
Le programme Placement carrière-été a fourni près de 400 emplois pendant l'été 2006 dans les circonscriptions d'Ahunstic, Papineau et St-Léonard/St-Michel. Des dizaines de projets qui touchent directement le milieu michelois sont mis en péril pour l'été 2007. Voici quelques chiffres concernant l'été 2006.
Papineau
54 projets Placement carrière-été
144 emplois
Budget total : 313 647$
St-Michel/St-Léonard
40 projets Placement carrière-été
119 emplois
Budget total: 252 478$
Ahunstic
48 projets Placement carrière-été
123 emplois
Budget total: 288 032$