Élève suspendu, mais pas en congé!
Alternative suspension
La suspension rime souvent avec congé pour les élèves expulsés. Avec le programme Alternative suspension, auquel participent les écoles secondaire Joseph-François-Perrault et Louis-Joseph-Papineau, fini les flâneries à la maison!
Alternative suspension est déjà en opération dans les écoles secondaires de St-Michel depuis 2002. Le but du programme est de réduire les suspensions répétitives, d’encourager les jeunes à adopter une attitude plus positive face à leur vie scolaire et les écoles à adopter une approche «éducative» face aux suspensions. Bref, de prévenir le décrochage. Au Québec, 41% des garçons abandonnent l’école avant d’avoir obtenu leur diplôme d’études secondaires contrairement à 26% des filles.
Grâce au renouvellement d’une subvention de 135 100$, annoncée à la fin novembre par la Commission scolaire de Montréal, les jeunes suspendus des écoles Joseph-François-Perrault et Louis-Joseph-Papineau pourront continuer de se rendre aux YMCA du Parc et Hochelaga pour participer à Alternative suspension.
«Durant les trois ou cinq jours que durent la suspension, l’élève est pris en charge par les intervenants du YMCA où il est envoyé. Les intervenants sont soit des éducateurs spécialisés soit des techniciens en délinquance. Les avant-midi sont consacrés aux travaux scolaires, puisque l’école fournit une liste de ce que les jeunes auraient eu à faire s’ils avaient été à l’école», explique Sandra Côté, coordonnatrice du programme Alternative suspension.
Des ateliers sur la gestion de la colère, de résolution de conflits, sur la toxicomanie et la sexualité et des rencontres individuelles avec des intervenants meublent les après-midi des élèves expulsés.
«L’idée des rencontres et des ateliers est d’aider le jeune à se repositionner face à l’école, de prendre le temps d’évaluer son rôle et ses responsabilités en tant qu’élève», indique Madame Côté.
Là ne s’arrête pas l’intervention. Un intervenant du YMCA raccompagne l’élève lors de son retour à l’école. Une rencontre est organisée avec l’élève, ses parents, l’intervenant et la direction. «Nous lui demandons alors qu’est-ce qu’il est prêt à faire pour réintégrer l’école et y rester. De quatre à six semaines plus tard, l’intervenant relance le jeune et le même travail est fait auprès des parents et de l’école. Et nous effectuons aussi un suivi de fin d’année», souligne Sandra Côté.
«Les jeunes apprécient le contact et la relation qu’ils créent avec les professionnels du YMCA», ajoute Jocelyne Cyr, commissaire scolaire du quartier Saint-Sulpice/St-Michel Nord. Selon un rapport, 96,6% des élèves sont tout à fait satisfaits ou satisfaits de la relation qu’ils ont développée avec l’intervenant du programme. Le trois quart d’entre eux disent avoir appris sur l’importance du respect de l’école et du personnel. De 2002 à 2005, plus de 1400 jeunes sur toute l’île de Montréal ont bénéficié du programme Alternative suspension.