Le gang du YéleFest. À l’avant : Patrice Dauphin, artiste michelois et à ses côtés, vêtu d’un polo, nul autre que Wyclef Jean! Photo:La TOHU
Sous une bonne étoile
La Falla de St-Michel au YéleFest d’Haïti
50 000 personnes ont assisté à la crémation d’une Falla, prononcer «Faya», œuvre de 16 artistes canadiens et haïtiens, à Jacmel en Haïti lors d’un concert de Wyclef Jean. Concert qui clôturait le YéleFest où la Falla de St-Michel et ses artisans se sont transportés le temps de tisser des liens entre Haïti et le Québec.
Rencontrés après leur retour en sol québécois, Mo Carpels, coordonnateur des activités et Patrice Dauphin, artiste participant de St-Michel, étaient enthousiasmés par leur expérience. «Les liens se sont vraiment soudés entre nous et ils se sont faits de la bonne manière», explique Patrice.
«C’était la première fois que la TOHU s’expatriait à l’extérieur pour réaliser un projet. Pendant, sept jours, 16 personnes ont travaillé sur la Falla. Mais la Falla a dépassé le cadre des participants pour mobiliser les forces vives de Jacmel. C’est devenu un projet collectif», souligne Mo Carpels.
La genèse
Lors d’une rencontre avec les membres du comité de suivi du Forum Jeunesse de St-Michel (FJSM), la gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, a dit souhaiter créer des passerelles entre les jeunes canadiens et haïtiens. L’idée de transporter la Falla de St-Michel au YéleFest de Jacmel est venue spontanément à Patrice Dauphin et à Charles-Mathieu Brunelle, vice-président exécutif et directeur général de la TOHU, après avoir rencontré Wyclef Jean et les organisateurs du YéleFest au Festival du film de Toronto en septembre. À partir de là, tout s’est organisé très vite. Le YéleFest a débuté le 27 novembre.
«Habituellement, ça prend beaucoup plus de temps à se mettre en place. Grâce à l’implication de la gouverneure générale, tout s’est fait rapidement. Nous avons eu de l’aide des gouvernements fédéral et provincial», insiste Mo Carpels.
Falla porteuse d’espoir
En moins de temps qu’il ne faut pour dire Falla, une équipe de sept jeunes artistes canadiens, incluant des Montréalais, un Ontarien, une Albertaine, une Saskatchewanaise et un Ténois, a été composée. Le 27 novembre, ils ont rejoint le groupe d’artistes haïtiens pour débuter la création de la Falla.
«Ç’a été incroyable de voir qu’après quatre ou cinq heures passées ensemble, le groupe formait déjà un bloc solide. Malgré les contraintes, les jeunes ont réussi à complètement sublimer ces difficultés», dit Mo Carpels.
Patrice Dauphin, qui animait le FJSM, est débarqué en Haïti moins de 48 heures après avoir quitté la scène de la TOHU. «Même si je n’ai pu être là lors des premières heures, j’ai fait parti du «bloc» dès mon arrivée», ajoute l’artiste.
Ils ont travaillé fort pendant une semaine, de 10 à 12 heures par jour. Tout le monde y a mis du sien et ce jusqu’à la dernière minute, le 2 décembre. «J’étais déjà tout propre en habit avant le spectacle et il fallait encore que l’on fasse des torches pour embraser la Falla. On a pris des moppes, des balais et de la corde. Pendant que l’on faisait ça, un des gars m’a fait un bracelet avec de la corde et du duck-tape», raconte-t-il en montrant son poignet où trône encore le fameux bracelet.
Pour Mo Carpels, cette Falla est porteuse d’un message d’espoir. «Si tu veux, tu peux! On part de rien et on réussit à faire quelque chose d’extraordinaire. Ça donne de l’espoir, de l’estime.» «Et même si on la brûle après c’est pas grave, parce que l’on sait que l’on est capable d’en faire un autre», ajoute Patrice.
Selon eux, une bonne étoile veillait sur la Falla. «La beauté de tout ça, c’est que tout a été fait positivement. Même le vent était du bon sens et poussait la fumée vers la mer quand la Falla était en flammes. C’était beau à voir», dit Patrice.
L’objectif de tracer des passerelles entre Haïti et le Québec a été atteint. Maintenant, ils espèrent que la TOHU pourra recevoir les artistes haïtiens pour sa Falla au mois d’août. Grosse surprise en perspective… Wyclef Jean aurait même confirmé sa présence à St-Michel pour l’occasion!