Robert Bourassa, France Marchand et Martin Talbot, directeur du Bingo Pie-IX lancent un cri d’alarme au gouvernement du Québec. Photo : M-L. P-L.
Au secours!
Cri d’alarme des OSBL vivant du bingo
Le message lancé par les organismes sans but lucratif (OSBL) réunis au Bingo Pie-IX est clair : le gouvernement du Québec doit modifier sa loi anti-tabac dans les bingos au risque de voir mourir de nombreux OSBL.
Ils exigent du gouvernement provincial un accommodement qu’ils jugent raisonnable soit d’aménager des pièces ventilées pour les fumeurs dans les salles de bingo. La clientèle qui les fréquente est, disent-ils, à 80% fumeuse.
«La cigarette fait partie de la culture du bingo. Pour la majorité ce sont des personnes âgées, c’est difficile de leur enlever ça», précise Nicole Barcelos, directrice de l’Association canadienne Air pour tous.
«Les propriétaires de sont près à diviser les salles sous la règle 60% non-fumeurs et 40% fumeurs», indique Lise Séguin de La Joie des enfants, un OSBL qui offre des activités gratuites à plus de 500 jeunes à travers l’île de Montréal.
Carl Spratt, directeur du Bingo La Plaine, estime que la baisse du nombre de joueurs de bingo de 35 à 40% depuis l’application de la loi le 31 mai 2006, entraînera une perte de 19,5 millions $ pour les OSBL de la province. «Et j’ai fait cette estimation de manière très conservatrice», souligne-t-il.
Seulement cinquante joueurs de moins par soirée représentent une perte de 1000$ pour un OSBL.
Le sport amateur michelois menacé
France Marchand a la mine triste lorsqu’elle parle des difficultés financières de la Fédération des Loisirs de St-Michel Nord. La Fédération tire tous ses revenus de ses soirées de bingo du vendredi. En cinq mois, de juin à octobre, elle calcule des pertes nettes pour la Fédération de 10 000$.
«Tous les ans, on participait à la campagne de Maillage, mais cette année, on ne peut pas. On y va au minimum : on coupe du personnel, on ne donne pas de subventions aux athlètes espoirs… On se maintient la tête au-dessus de l’eau, on ne peut rien faire de plus. En bout de ligne, ce sont les jeunes de St-Michel qui vont y perdre le plus!», insiste la directrice de la Fédération des Loisirs de St-Michel Nord, France Marchand. Récemment, la Fédération a dû hypothéquer son immeuble pour continuer à opérer.
Même doléances à la Fédération sportive 76. Jean Tamaro, trésorier de la Fédération sportive 76, estime que celle-ci perdra près 25 000$ cette année. «On va être obligé d’augmenter les cotisations des joueurs. Elles pourraient passer de 350$ à 500$ par année. Ça va être dur maintenant de sortir pour les tournois ou même de payer les stages des instructeurs», ajoute-t-il.
La situation est aussi très précaire pour l’organisme Encadrement sportif. Si rien ne bouge rapidement, son président, Robert Bourassa mettra «la clé dans la porte».
«Je peux survivre encore deux ou trois semaines, après je ferme. La saison des athlètes n’est pas compromise, mais je ne peux plus soutenir les clubs. Si les jeunes n’ont plus de soutien financier, plusieurs vont arrêter de pratiquer leur sport. D’un côté, le gouvernement veut que l’on sorte les jeunes de la rue, mais ne veut pas nous aider financièrement», soutient-il.
La Fédération des Loisirs de St-Michel Nord, la Fédération sportive 76 et Encadrement sportif permettent à des milliers de jeunes Michelois de pratiquer un sport. Selon La Presse, le projet de modification du règlement de la Régie de l’alcool, des courses et des jeux n’a abouti sur le bureau de Jacques Dupuis, ministre de la Sécurité publique, la semaine dernière. La proposition de révision du règlement serait à l’étude.