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Journal de St-Michel
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Des Michelois en colère

par Lison Budzyn
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Article mis en ligne le 3 mars 2010 à 11:32
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Des Michelois en colère










Il y avait foule le 23 février dernier en soirée à la Maison du citoyen. À l’invitation du SPVM, les résidents de la rue Jean-Talon et alentours étaient venus assister à une réunion d’information. À l’origine, le Poste de Quartier 30 voulait informer et discuter avec les citoyens des mesures qui seront prises dans le quartier durant la prochaine coupe du monde de soccer en juin. À l’arrivée : trois heures de discussion intense au cours desquelles les résidents voulaient se faire entendre et déballer leurs préoccupations, leurs craintes et surtout leur ras-le-bol quant aux incivilités dont ils se sentent victimes.
130 personnes environ. Rarement la Maison du Citoyen n’avait été aussi pleine. Malgré l’heure tardive et la tempête de neige qui sévissait au dehors, les citoyens des alentours de la rue Jean-Talon n’ont pas hésité à se déplacer pour venir entendre ce que le commandant du Poste 30, Fadi Dagher, avait à leur dire à propos de la prochaine coupe du monde de soccer qui débutera en juin. Ils étaient venus pour entendre certes, mais surtout pour parler, pour dire au commandant Dagher leur mécontentement et leurs craintes que les mouvements de foule de l’été dernier recommencent dans leur quartier.

Historique

À plusieurs reprises en effet, entre les mois de juin et de novembre 2009, l’équipe nationale de soccer algérienne a eu fort à faire pour se qualifier pour la prochaine coupe du monde. Une série de matchs ont eu lieu donnant l’occasion à la communauté algérienne de Montréal de se rassembler et de fêter plusieurs fois. Lors de ces nombreuses occasions (une huitaine de matchs au total) le SPVM a dû, pour contrôler la foule en liesse, bloquer la rue Jean-Talon et les rues adjacentes occasionnant des problèmes de circulation mais aussi, de stationnement, de bruit et d’incivilités comme des bris de vitres, des dégradations de voiture, de balcons… D’ailleurs c’est le commandant Dagher lui-même qui a précisé que, lors du dernier match, le 18 novembre, le PDQ 30 avait reçu 46 plaintes par téléphone.

Ras-le-bol général

Durant près de trois heures donc, le 23 février dernier, de nombreux citoyens se sont succédés face au commandant Dagher pour exprimer leur colère. Certains avaient des listes pour ne rien oublier, d’autres avaient même fait tourner une pétition dans le quartier et récolté près de 200 signatures contre le blocage des rues lors des matchs de soccer. Jeunes et moins jeunes, familles nombreuses ou monoparentales, québécois de souche ou d’adoption, l’ensemble du quartier était plutôt bien représenté. L’origine d’une telle grogne n’est pas tant dans le fait que ces riverains soient contre les mouvements de liesse et de célébration en général. De leur propre aveu, certains comprennent et comparent même ces démonstrations de joies à celles que peuvent occasionner les matchs du Canadien. La grogne est née de la répétition de ces manifestations à plus ou moins courts intervalles et a été renforcée par les incivilités quotidiennes, qu’on rencontre aussi ailleurs à Montréal, comme le stationnement sauvage, les citoyens malpropres qui urinent sur les murs des maisons, les déchets jetés au passage dans les jardins, les attroupements tardifs et festifs… La frustration des résidents est telle que certains n’ont pas hésité à dire au commandant Dagher qu’ils se sentent abandonnés : « S’il vous plaît aidez-nous, protégez-nous! a lancé une maman qui confiait avoir peur de sortir les soirs de match.

Accommodements raisonnables?

Racisme ou grosse frustration? Il est clair que la soirée du 23 février avait parfois des airs de commission Bouchard-Taylor. Le choc des cultures est parfois violent. Mais de nombreux citoyens étaient aussi venus pour proposer des solutions alternatives pour que tout le monde puisse y trouver son compte. Heureux qu’autant de monde se soit déplacé, le Commandant Dagher a tenu d’emblée à parler franchement aux riverains : « Je ne vais pas vous promettre d’empêcher ce genre de célébration parce que je n’en ai pas le droit. Je ne vais pas vous dire que nous ne bloquerons plus la rue Jean-Talon, pour la simple raison que c’est encore ce qu’il y a de mieux à faire pour contrôler ce genre de mouvement de foule. C’est une question de sécurité publique. Par contre, j’ai bien compris qu’il y a des problèmes au quotidien et nous allons y remédier ». Expliquant que lors des fêtes de la communauté maghrébine, il n’y avait pas que les gens du quartier mais bien de toute la métropole et plus loin qui affluaient, Fadi Dagher a aussi tenu à montrer quelques clichés de situations similaires en France qui dégénèrent et versent dans la violence contrairement à ici. « Nous privilégions toujours le dialogue alors quand Europe l’emploi de la force est systématique. Jusqu’ici ça toujours marché. Nous avons même de nombreux médiateurs de la communauté maghrébine qui oeuvrent avec nous dans ces situations… ». Prêt à employer la force si c’était nécessaire, le commandant Dagher avoue quand même que c’est sur la qualité des actions à poser qu’il faudra travailler et qu’il va devoir améliorer sa stratégie pour que les riverains se sentent moins pris en otage. En partenariat avec l’organisme Tandem, le PDQ 30 compte bien diminuer de façon conséquente les incivilités quotidiennes à commencer par les infractions au code de la route. C’est d’ailleurs sur cette promesse qu’il a terminé la soirée : « Avant le 13 juin, date du premier match, vous verrez qu’il y aura eu des changements. Je m’y engage».



« Les simagrées du Petit Maghreb »

À de nombreuses reprises, l’appellation « Petit Maghreb» donnée récemment à cette portion de la rue Jean-Talon, a été remise en question. Nombreux sont les citoyens qui regrettent de ne pas avoir été consultés à ce propos. Outre l’argument d’une architecture urbaine peut propice pour en faire une artère commerciale, c’est celui des différentes générations d’immigrants qui a été le plus cité. En effet beaucoup de gens présents ce soir-là se demandaient pourquoi l’appellation Maghreb avaient été choisie alors que d’autres communautés culturelles sont présentes à Saint-Michel depuis plus longtemps. Absente pour raison de santé, la mairesse Anie Samson n’a pu répondre directement à ces interrogations, pas plus que le conseiller du district Frank Venneri qui n’avait pas fait le déplacement.

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Abel Med

Commentaire mis en ligne le 4 mars 2010
dur de ne pas réagir tant la frontière entre la paix et la salubrité publique et le racisme ordinaire est fine et facile à franchir. Les citoyens ont raison de réagir lorsque la paix publique est rompue, lorsque leur sécurité est en jeu ou lorsque les régles essentielles de la salubrité ne sont pas respectées. Je les soutiens. Mais la reference à l'appelation "petit maghreb"a des odeurs de ce racisme ordinaire qui ravage le monde aujourd'hui....il y a une communauté maghrebine qui contribuent à la propserité de Montréal, à la diversité culturelle et humaine, et à l'enrichissement du Canada-terre d'immigration par excellence- qui a su attirer des elites du Maghreb qui font rayonner les entreprises, les universités et le commerce canadien. Il n'y a pas eu de revolte contre la Petite Italie a New York, la Ville Chinoise de Los Angeles, New York ou Paris...le Maghreb participe à la richesse du Canada...des milliards de dollars sont transferrés chaque année par l'Algerie, le Maroc et la Tunisie dans leur commerce avec le Quebec...l'emploi au Quebec en profite..il faut le demander a Bombardier, Tecsult, HEC, Lavallin, Hydro-Quebec, Bell et autres compagnies Quebecoises...alors "Petit Maghreb", mais oui tout citoyen quebecois doit en tirer un petit benefice...bien sur le maire et les autorités doivent demander a quiconque trouble l'ordre public de respecter la loi ou d'en subir les sanctions...mais remettre en cause une appelation sans autres raisons que le refus de l'origine de la populations maghrebine de la Rue Jean Talon est inacceptable et ceux qui clament tout haut leur cri anti-Maghreb doivent 6etre traités soit comme ignorant des interets superieurs du Quebec et du canada soit comme des racistes ordinaires...et cela est un delit sous la loi du canada.
Alors oui luttons contre le bruit, le desordre, les atteintes à l'hygienne, les risques d'insecurité mais restons vigilants le racisme ordinaire est l'enemi numero 1 de la paix publique....et on doit le combattre.
dubourg avril 2010

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