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Mulroney pris dans une chicane de famille

Richard Cléroux par Richard Cléroux
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Article mis en ligne le 24 avril 2009 à 11:02
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Mulroney pris dans une chicane de famille
Brian Mulroney et Stephen Harper
Mulroney pris dans une chicane de famille
C’est comme si les Conservateurs n’en avaient pas assez avec l’économie périclitant et Stephen Harper en chute libre dans les sondages.
La chicane est prise à l’intérieur du caucus Conservateur à Ottawa à savoir si Brian Mulroney est toujours un membre du parti.

Il y a trois semaines des adjoints du Premier ministre ont déclaré, sous le couvert de l’anonymat, que Mulroney avait annulé son adhésion au parti et demandé que son nom soit rayé des listes de membres.

Harper était en Europe à la réunion des pays du G-20 à ce moment.

Mulroney a piqué une de ses crises. «Je suis et serai Conservateur jusqu’à la fin de mes jours » a-t-il déclaré furieux, rappelant qu’il était après tout, un ancien premier ministre conservateur. Il aurait pu ajouter qu’il a servi de conseiller à Harper lors de son accession au pouvoir. De plus, avec son épouse Mila, Brian Mulroney a contribué des milliers de dollars au parti ces dernières années.

La semaine suivante, c’est la vénérable Sénatrice Marjory LeBreton, qui a affirmé en caucus hebdomadaire que Mulroney ne voulait plus être membre des Conservateurs et qu’il avait écrit une lettre à cet effet à la direction du Parti.

On dit que l’étonnement et la stupéfaction étaient palpables dans la salle. Si celle qui avait été si proche de Mulroney, qu’on avait surnommée « la Reine du patronage » lorsqu’elle s’occupait des nominations politiques dans son cabinet, et que Mulroney avait nommé au sénat parlait ainsi, c’était sûrement vrai.



La réaction a été vive et immédiate. Un député de Calgary et ami de Mulroney, Lee Richardson, a hué la Sénatrice.



Le ministre Jean-Pierre Blackburn est venu tout de suite à la défense de Mulroney, avec Peter MacKay, ministre de la défense nationale.

Mulroney a déclaré de Montréal : « Je suis Conservateur, je l’ai toujours été, et je le serai jusqu’à la fin de mes jours. »

Et voilà que la chicane autour de Mulroney était engagé. Ça rappelait les querelles sans merci dans le temps des Libéraux de Jean Chrétien et Paul Martin.



Au caucus conservateur le débat a vite tourné au vinaigre. Comme si les Conservateurs n'en avaient pas assez sur leur assiette ?

Dans les journaux les plus «Conservateurs» de l’Ouest canadien, tel que le Calgary Herald, on rapporte qu’à Montréal, Mila Mulroney avait décroché la photo de Harper du mur et l’avait flanquée aux poubelles. Est-ce possible? Qui sait. Mais des histoires semblables n’ont qu’alimenté la zizanie.



Le réseau CTV a avancé, sans preuves à l’appui, que sa vedette de télévision Ben Mulroney, fils de Brian, et animateur des émissions E-talk et « Canadian Idol » (une sorte de Star Académie) songeait à se présenter pour les Libéraux dans la région de Hamilton pour punir Harper. Vrai ou pas, c’est encore de l’eau au moulin de la discorde.



Mais pourquoi Harper ne fait-il pas cesser immédiatement ce désaccord au sein de son caucus? La raison est simple.

La Commission d’enquête dans l’affaire Mulroney-Schreiber siège présentement à Ottawa. Harper craint qu’elle prenne une tournure inattendue et lui saute en pleine face. Et avec des élections pressenties pour plus tard cette année, ce n’est pas un risque que le Premier ministre veut prendre.

Comme il a déclaré à son caucus : « IL nous incombe de ne plus avoir à faire avec Monsieur Mulroney jusqu’à la résolution de cette question. »

Donc, par prudence, il semble avoir choisi consciemment de prendre ses distances de l’ancien Premier ministre à qui il doit tellement. La politique est un sport cruel. Dommage que son entourage ait manqué de finesse et de classe.

Cette semaine, la Sénatrice LeBreton a déclaré «Je crois que c’est maintenant une chose du passé.»



Nous prend-elle pour des sacoches?

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