Une cinquantaine de personnes sont venues discuter de leur crainte des attroupements de jeunes et lutter contre les préjugés que chacun peut avoir
Lutter contre les préjugés sur les jeunes
Carrefour Populaire Saint-Michel
Mieux connaître les « jeunes » de Saint-Michel. Apprendre à lutter contre certains préjugés et savoir qui sont les « gangs de rue »… Autant de questions auxquelles le Carrefour Populaire St-Michel a souhaité apporter des réponses lors d’un rendez-vous citoyen, organisé mercredi passé.
Une cinquantaine de résidants du quartier dont beaucoup d’aînés, ont répondu présent en ce mercredi soir. Après un souper communautaire chaleureux, ils vont pouvoir en apprendre un peu plus sur les jeunes du quartier et parler de leur crainte des attroupements de jeunes.
Justement, des jeunes sont venus discuter avec eux. Ils font partie de Tandem, un programme de soutien à l’action citoyenne en sécurité urbaine qui fait de la prévention de la criminalité.
Traitement médiatique
Rapidement, 5 tables de discussions sont mises en place et chacun réagit à la question des gangs de rue, de la délinquance. Les aînés présents parlent de leur crainte des attroupements, aux entrées de métro ou dans les parcs et du sentiment d’insécurité qu’ils peuvent avoir, surtout le soir. De leur côté, les membres de Tandem expliquent les différences entre groupes de jeunes et gangs de rue. La question du traitement médiatique des gangs de rue est aussi abordée. Chacun reconnaît qu’il n’est pas vraiment touché par le phénomène des gangs mais que c’est plutôt une peur générale, souvent relayée par la télévision ou la radio.
Les membres de Tandem insistent aussi beaucoup sur les dégâts causés par les préjugés. Un problème que connaissent bien certains résidants. D’origine italienne, ils en ont aussi été victimes lorsqu’ils étaient jeunes. « On disait de nous que nous faisions partie de la mafia et les policiers nous dispersaient quand on se regroupaient », indique un participant.
« Démystifier les choses »
Micheline, elle, n’a pas peur de sortir. Mais elle souhaitait venir pour « discuter avec d’autres résidants et démystifier les choses ». Une policière, invitée à participer précise d’ailleurs qu’il y a des gangs de rue partout à Montréal et pas seulement à St-Michel et que leurs membres viennent de tous les horizons sociaux et ethniques.
La soirée s’est achevée avec la diffusion d’un court documentaire, réalisé par des jeunes michelois l’an passé : Saint-Michel : images et réalités. Un documentaire plein d’optimisme sur le quartier. Pour Jean-François Charland, conseiller pour Tandem, venir échanger avec les résidants « est la base même du programme. En rencontrant les gens et en discutant avec eux on valide le point de vue des citoyens. Comme ça, on est certain que nos actions répondent à leurs attentes. » Pour Tandem, il ne faut pas nier la réalité des gangs mais apprendre à mieux connaître cette réalité.