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« La danse urbaine c’est tous les sentiments du monde en même temps »

Création contemporaine

par Jessica Bernier/Collaboration spéciale
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Article mis en ligne le 28 octobre 2008 à 14:26
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« La danse urbaine c’est tous les sentiments du monde en même temps »
Handy et Michel ont réussi à apprivoiser les personnages du spectacle Retrospek.
« La danse urbaine c’est tous les sentiments du monde en même temps »
Création contemporaine
Le 18 octobre dernier, la TOHU a présenté gratuitement le spectacle Retrospek de la chorégraphe Alexandra «Spicey» Landé. Près d’une heure d’énergie pure où la danse de rue et le théâtre ont monopolisé la scène. Michel «Boombo» Lim et Handy «Monsta Pop» Yacinthe, tous deux résidants du quartier Saint-Michel, font partie des neuf interprètes du spectacle.
Retrospek est un spectacle qui exploite les différents styles de danses tels que le locking, le popping, le hip-hop, ou la house danse. En plus d’apporter la danse de rue à l’intérieur des salles de spectacles, cette production se démarque par son côté théâtral. L’œuvre évoque les différentes épreuves auxquelles nous sommes confrontés au cours de notre vie : l’amour, la passion, le désespoir, le rejet et la mort.

Pour Michel et Handy, le plus grand défi a été d’apprivoiser et d’habiter les différents personnages de Retrospek. «Normalement quand on danse, on donne l’essence de nous-même, notre personnalité sur le plancher. Dans Retrospek, on doit prendre la personnalité d’une autre personne et faire vivre ce personnage à travers notre façon de danser», explique Handy «Monsta Pop» Yacinthe. Grâce à la collaboration de Véronica Melis, pédagogue et metteure en scène, les neufs interprètes ont bien appris le jeu d’acteur car ils ont réussi à transmettre au public de la Tohu une gamme d’émotions forte.

«Je suis fier du quartier»

Et pour le plaisir de tous, le spectacle s’est prolongé de manière improvisée avec des membres du public, jeunes et moins jeunes, invités à monter sur scène. Le sourire de Handy exprimait bien sa fierté devant tous ces déhanchements : «j’ai été étonné que tant de gens montent sur la scène, je suis vraiment fier du quartier Saint-Michel.»

Michel et Handy sont des artistes très impliqués dans leur milieu. Ils enseignent la danse urbaine aux polyvalentes Joseph-François-Perrault et Louis-Joseph-Papineau et ils sont aussi patrouilleurs pour la Maison d’Haïti. Michel «Boombo» Lim explique que la danse représente un outil plus amical pour se rapprocher des jeunes du quartier. Cependant, il admet qu’il est plus ardu d’attirer les garçons à s’investir dans cet art. Handy souligne toutefois que la démarche porte ses fruits, «c’est beaucoup plus difficile d’attirer les gars, mais quand tu réussis, souvent ils vont bien travailler et ils vont jusqu’au bout.»

«Il fallait y croire»

Au cours des prochaines semaines, Retrospek sera présenté dans plusieurs écoles secondaires. Une manière de pousser encore plus loin la production. En tout, cela fait déjà un an et demi que les artistes investissent énergie et temps, de manière bénévole. «On avançait, sans savoir où ça allait mener, mais il fallait tenir et y croire. Pour une première expérience dans une production, je ne pouvais pas demander mieux», conclu Michel «Boombo» Lim.

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