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Journal de St-Michel
Scène culturelle 2008
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La diversité culturelle expliquée par Sami Aoun

Semaine québécoise des rencontres interculturelles

par Vivianne Saint-Denis/Collaboration spéciale
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Article mis en ligne le 11 octobre 2008 à 17:34
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La diversité culturelle expliquée par Sami Aoun
Le politologue d'origine libanaise Sami Aoun donnait une conférence sur la diversité culturelle à Mon resto St-Michel dans le cadre de la Semaine Québécoise des rencontres interculturelles.
La diversité culturelle expliquée par Sami Aoun
Semaine québécoise des rencontres interculturelles
Dans le cadre de la Semaine québécoise des rencontres interculturelles, l’organisme Mon Resto Saint-Michel a invité le politologue Sami Aoun, professeur du département d’Histoire et de Sciences politiques de l’Université de Sherbrooke, à prononcer une conférence intitulée Comment vivre la diversité culturelle ? le 3 octobre dernier.
La conférence visait à donner des pistes pour dissiper des préjugés, mieux comprendre le Québec et, ultimement, mieux savoir gérer la diversité culturelle. Elle s’adressait autant aux immigrants qu’aux Québécois de souche. Durant son exposé, M. Aoun a mis de l’avant les points positifs de la société québécoise et de son immigration. Il a vanté le régime démocratique et le pacifisme du Québec. Bien que celui-ci n’ait pas recours à la violence pour régler les divergences, le professeur a néanmoins admis qu’il y a des dérapages à certains moments.

M. Aoun considère également que le Québec offre la liberté de choix et de convictions. «Vous avez le droit dans le modèle québécois d’être différent, mais il n’y a pas de différences dans les droits», souligne-t-il. Le fait que la province soit devenue laïque joue également en sa faveur. «Le Québec a pour son mérite d’avoir accepté de sortir la religion, qu’elle devienne une affaire privée, familiale, communautaire, mais non pas ou plus jamais une affaire de politique», a-t-il ajouté.

M. Aoun a défini le modèle d’immigration du Québec en expliquant sa différence avec celui du Canada anglais. Selon lui, le Canada anglais gère sa diversité culturelle par le multiculturalisme où les gens se regroupent sur des territoires par ethnies et forment ainsi des ghettos. Cette façon de vivre l’immigration est également présente à Londres en Angleterre où il y a, entre autres, un quartier chinois, un quartier indien… bref, un quartier par ethnie. M. Aoun craint ce type de quartiers fermés. Il voit davantage de points positifs à l’interculturalité, modèle d’intégration pratiqué au Québec, où les nouveaux arrivants et les Québécois vivent ensemble, partageant une culture de base où la langue française est primordiale, tout en gardant la possibilité de conserver son appartenance ethnique. «Nous serons sur le même diapason avec les Québécois de souche si nous respectons leur parcours historique dans l’implantation de la démocratie», a affirmé le Sami Aoun, qui est d’origine libanaise.

Selon lui, plusieurs bilans démontrent la nécessité de l’immigration au Québec, que ce soit pour des raisons économiques ou sociales. Le Québec, bien qu’il propose un modèle d’immigration intéressant, doit travailler à s’ouvrir et à vaincre des craintes. «Le Québécois et la Québécoise devraient composer avec cette équation qu’on appelle l’immigration comme une valeur certaine pour le progrès, la croissance et la prospérité du Québec», estime-t-il. Depuis la dernière année, il est difficile de parler de l’immigration sans discuter des accommodements raisonnables. Le rapport Bouchard-Taylor «nous dit qu’il y a un déficit dans la connaissance et la reconnaissance. On ne se connaît pas assez et on ne se reconnaît pas assez», a expliqué M. Aoun.

De l’idéal à l’application, lorsqu’il est question de la gestion de la pluralité, il y a toujours beaucoup d’efforts à fournir selon Sami Aoun. Le professeur croit en la participation citoyenne pour faire avancer les choses : « Il n’y a pas un paradis sur terre. Il y a une volonté de bien faire. […] Essayons de conserver nos acquis ici et poussons notre participation citoyenne à son plein essor.»

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