En bas: Jean-Claude Hippolyte et André Lemelin
En haut: Marie Mika Pierre, Marie Lalonde et Yannick Joseph
Des contes pour tous à Mon resto St-Michel
Semaine québécoise des rencontres interculturelles
Les rencontres interculturelles se sont faites sous le signe de l’imaginaire, dans une célébration de la langue française dans tous ses accents samedi le 4 octobre dernier à Mon resto St-Michel. Dans le cadre de la Semaine québécoise des rencontres interculturelles, le conteur André Lemelin a réuni sur une même scène des apprentis conteurs du quartier, originaires des quatre coins du monde, qui ont fait découvrir leur culture au public à travers leurs histoires.
«Il s’agit là d’une première expérience visant à rassembler les différentes communautés pour qu’elles s’expriment et fassent connaître leurs cultures à travers les anecdotes, histoires vécues ou imaginaires», explique Marie Lalonde, chargée de la culture à Vivre St-Michel en santé (VSMS), qui a coordonné cette Prise de parole en collaboration avec le programme Hors les murs de la maison de la culture Villeray/St-Michel/Parc-Extension.
Recrutés par l’organisme Mon resto St-Michel et dans les classes de francisation du centre Yves-Thériault, les conteurs en herbe ont eu droit, au cours des dernières semaines, à deux ateliers de perfectionnement avec le conteur professionnel André Lemelin. «Le conte appelle à l’imagination de celui qui écoute; c’est un moment magique entre le conteur et l’auditeur, une relation affective qui s’installe, un moment de délectation pour les enfants et adultes», explique-t-il, lui qui est conteur depuis plus de dix ans. Un conte divertit mais il n’est pas anodin. Il inculque des valeurs et des croyances», poursuit-il. «C’est un projet pilote qui permettra de stimuler les conteurs en herbe», a pour sa part ajouté Martin Hurtubise, agent culturel à la maison de culture de VSP.
Des contes pour tous
Plusieurs des communautés culturelles du quartier St-Michel étaient donc représentées, du Mexique à la Chine en passant bien sûr par Haïti. Ce pays comptant un nombre important de représentants dans le quartier, de nombreux conteurs d’origine haïtienne étaient présents, dont Jean-Claude Hippolyte, qui y est allé d’une histoire inspirée par son pays natal. «J’ai commencé à écrire mes contes au Québec. Dès mon jeune âge, j’ai été influencé par des conteurs de mon pays», raconte celui qui a déjà produit un album contenant contes et faits vécus, tant en français qu’en créole. La délégation haïtienne comptait également sur Marie Mika Pierre, qui a livré un conte à saveur environnementale, de même que sur Mme Yannick Joseph. Cette actrice, danseuse et conteuse est bien connue dans sa communauté notamment pour avoir joué dans de nombreux films en Haïti.
Agréable surprise, une délégation de conteurs asiatiques ont également participé à cet après-midi dédié à l’imaginaire collectif des peuples du monde. Bel exemple de rencontre interculturelle, Mme Yin Zhang, originaire de Chine, a raconté l’histoire du docteur Norman Bethune, un médecin canadien qui a grandement contribué au développement de la médecine dans les campagnes chinoises pendant la seconde guerre mondiale. Encore honoré dans le culte des aînés par les Chinois, le docteur Bethune a, entre autres, inspiré la création de l’assurance maladie au Canada.
En tout, des conteurs du Québec, du Mexique, d’Haïti, du Guatemala, de la Chine, du Vietnam et même du Japon auront participé à cette manifestation, malgré certaines difficultés à s’exprimer en français pour certains immigrants récents. La communauté maghrébine, qui est de plus en plus présente dans le quartier, n’a toutefois pas pu être de la partie. Mme Lalonde a tenté vainement de joindre les leaders communautaires.
Le public devra donc attendre après les fêtes avant de pouvoir vibrer d’enthousiasme au son des contes fabuleux des mille et une nuits.
Remerciant tous les participants au nom de VSMS, Marie Lalonde a en effet annoncé que d’autres rencontres seront organisées prochainement pour faire connaître les conteurs du quartier, afin d’apprendre à vivre ensemble dans la différence. Car, comme l’écrivait le père de la psychanalyse, Sigmund Freud, «Le conte est la seule langue universelle que la race humaine ait jamais forgée».
Sultan
Commentaire mis en ligne le 5 mars 2009Tres interessant!