Le pianiste émérite Maurice Boivin a charmé les membres du Centre communautaire des aînés de St-Michel/Rosemont avec des airs de jazz et ses toiles colorées. Il y animera désormais des midis musicaux tous les vendredis, à la grand joie des aînés du quartier.
L'art de vieillir
Journée internationale des aînés
Les membres du centre communautaire des aînés de St-Michel/Rosemont ont eu droit à un cadeau bien spécial à l’occasion de la journée internationale des aînés le 1er octobre dernier. Le pianiste de renommée et résidant du quartier St-Michel Maurice Boivin est venu leur jouer quelques pièces de son répertoire jazz, avec ses dernières toiles en arrière plan.
Malgré son âge vénérable, M. Boivin n’en a pas moins gardé toute sa passion de vivre. Bientôt âgé de 91 ans, il peint et écrit de la poésie, en plus de s’adonner deux heures par jour à la musique, qu’il pratique depuis plus de cinquante ans.
Vétéran de la seconde guerre mondiale, où il a servi dans la marine, l’homme a un parcours à en couper le souffle. Détenteur d’un doctorat en musique de l’Université de Toronto, il a côtoyé les plus grands artistes du 20e siècle, des peintres Paul-Émile Borduas, Jean-Paul Riopelle et Jackson Pollock en passant par l’illustre jazzman Duke Ellington, qu’il se permet même d’appeler par son sobriquet. «Je jouais sur demande lors de l’expo 67, ils avaient fait construire un orgue pour l’occasion. Duke était venu de New York et on a joué ensemble», raconte-t-il, l’œil pétillant, exprimant du même souffle son admiration pour Ellington. Car bien qu’il ait une formation classique, le premier amour de M. Boivin est le jazz. «Le jazz c’est vivant, c’est le reflet du peuple!»
Un reflet qu’il redonne en retour à ses concitoyens du quartier, pour qui il est venu jouer des pièces du répertoire jazz romantique de même que certaines de ses compositions au Centre communautaire des aînés. Charmé par les airs de Duke Ellington et de Stan Getz qu’il a interprétés, son public n’a d’ailleurs pu s’empêcher d’applaudir chaleureusement lorsque la directrice générale du Centre, Michèle De Lagrave, a annoncé que M. Boivin serait désormais présent tous les vendredis midi pour donner une deuxième vie au vieux piano qui trône dans la grande salle.
Il n’y a toutefois pas que son amour de la musique que M. Boivin souhaitait partager avec les aînés du quartier en ce 1er jour d’octobre; il y a aussi celui de la peinture. «Les deux sont très pareils à plusieurs égards», explique-t-il. Ses toiles reflètent d’ailleurs la fluidité du jazz, avec leurs motifs colorés et ondulants traduisant la vitalité et la liberté de cette musique. Pour chacune de ses peintures, M. Boivin a par ailleurs écrit un poème qu’il a inscrit au dos de la toile.
Certaines de ces œuvres, qui seront exposées au Centre communautaire des aînés de St-Michel/Rosemont jusqu’au 9 octobre, ont également été présentées dans de nombreuses galeries au Québec et aux États-Unis. S’il a choisi de les présenter à St-Michel, c’est donc spécialement pour les gens du quartier «Ça n’aurait pas la même chaleur ailleurs qu’ici, affirme-t-il. L’objectif c’est aussi de saluer les aînés d’une façon chaleureuse et de montrer que oui, on est aînés, mais qu’on est encore jeunes.»
À l’occasion de cette journée internationale des aînés, dont le thème cette année était «Pour la suite du monde», Maurice Boivin aura su, à travers sa passion pour les arts, transmettre aux personnes âgées du quartier toute sa jeunesse contagieuse. «On doit vivre dans le présent, mais aussi accepter le passé et regarder vers l’avenir!»