Le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, était de passage dans Papineau, le comté de Vivian Barbot, pour présenter la plateforme montréalaise de son parti vendredi dernier.
Reconnaissance de la nation: Le Bloc veut un amendement constitutionnel
De passage dans la circonscription de Papineau pour y présenter ses candidats Montréalais vendredi dernier, le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe a mis au défi le Premier ministre Stephen Harper d’enchâsser la reconnaissance de la nation québécoise dans la constitution canadienne, comme l’a récemment demandé le chef de l’ADQ Mario Dumont.
M. Duceppe a par ailleurs incité le chef de l’Action démocratique du Québec à déposer une motion en ce sens à l’Assemblée nationale. Il compte sur la proximité entre MM. Dumont et Harper pour faire bouger le chef conservateur sur cette question. «Si le chef conservateur est intègre, il doit répondre à la demande de Mario Dumont», a-t-il déclaré.
Un tel amendement à la loi fondamentale, même s’il était accepté par les conservateurs, ne serait toutefois pas suffisant aux yeux du chef bloquiste pour que le Québec intègre la grande famille constitutionnelle canadienne. «Il y a beaucoup d’autres choses qui doivent faire partie du changement constitutionnel, ça ne se limiterait pas à ça, a-t-il soutenu. Ultimement, moi je pense qu’on ne pourra jamais obtenir ce que l’on veut à l’intérieur du Canada et c’est pour ça que ça prend la souveraineté.»
À la défense du français
Le chef du Bloc a par ailleurs présenté son parti comme étant le seul à même de défendre la langue française, particulièrement à Montréal, où les données du dernier recensement indiquent un recul du français au cours des dernières années.
La candidate bloquiste dans la circonscription de Papineau, Vivian Barbot, a précisé les objectifs de son parti en matière de défense de la langue française dans son comté, un des plus multiethniques au Québec, où 51% ont une langue maternelle autre que le français. «Ces gens-là sont installés ici depuis longtemps, ils ont besoin de services de francisation, ils travaillent. Il faudrait qu’on les accompagne correctement. Si on veut parler d’intégration il faut parler de ça d’abord», soutient-elle. On a vu que la loi 101 a des effets bénéfiques sur les enfants qui vont à l’école; ce qu’il faut maintenant, c’est que, par exemple, les entreprises gouvernementales fédérales ne soient pas assujetties au bilinguisme de sorte que la loi 101 puisse s’y appliquer.»
La réforme du Code canadien du travail souhaitée par le Bloc pour faire appliquer la loi 101 dans les entreprises de compétences fédérales en sol Québécois a toutefois été rejetée par la Chambre des Communes au mois de février dernier. Le chef bloquiste soutient toutefois que le contexte électoral pourrait contribuer à raviver le débat sur la question.
«On a proposé des choses dans le passé et ç’a pris quelques mois sinon quelques années avant de les obtenir; on n’a jamais lâché, on ne lâchera pas et on va revenir à la charge», a affirmé M. Duceppe.
Plateforme montréalaise
Alors qu’il présentait ses candidats montréalais, le chef bloquiste en a profité pour révéler ses engagements pour la métropole. Le parti souverainiste souhaite entre autres obtenir la création d’un crédit d’impôt remboursable pour les frais de transport en commun, la mise sur pied de programmes d’efficacité énergétique, de même que davantage de fonds de la Société canadienne de l’hypothèque et du logement (SCHL) pour le logement social. Il s’agit là d’un enjeux important dans le comté de Papineau, souligne Vivian Barbot. «On a travaillé beaucoup avec les groupes communautaires et on sait quels sont leurs besoins [en la matière] et on va continuer à travailler là-dessus, parce que c’est un besoin criant dans Papineau.»
Madame Barbot en a par ailleurs profité pour attaquer son principal rival, le candidat libéral Justin Trudeau, qu’elle soupçonne de vouloir se servir de Papineau comme d’un tremplin pour sa carrière politique.«J’ai hâte qu’il comprenne c’est quoi une campagne électorale; ce n’est pas juste de se présenter pour dire je suis là»