Haïtiens et Italiens ont partagé leurs tables et lors de la fête, une bonne façon d'apprivoiser l'autre dans sa différence.
Fête de quartier au parc Champdoré - Saint-Michel sort fêter malgré la pluie
Les airs de rap et de rythmes brésiliens et italiens se mélangeaient au parc Champdoré samedi le 6 septembre dernier. Le quartier Saint-Michel y fêtait sa grande diversité, un blé d’inde àa l’appui.
« Je regarde la foule et je vois des jeunes Haïtiens assis aux tables à pique-nique avec des Italiens plus âgés. Juste à cause de ça, je crois que la journée est réussie», exprimait le maire de l’arrondissement, Mme Anie Samson, samedi dernier. Comme quelques centaines de Michelois qui allaient et venaient sur le site, elle prenait part à la fête annuelle du quartier qui s’est déplacée au parc près de la Carrière Miron cette année.
La journée avait pour but de rapprocher les diverses communautés et générations du quartier. «On veut que les gens voient qu’ils peuvent vivre ensemble dans une même activité, explique la conseillère municipale Soraya Martinez, qui a dirigé le comité organisateur de l’événement. Ils réaliseront ensuite qu’ils peuvent aussi le faire dans la rue. Il faut simplement prendre le temps de le faire.»
Marie Rousseau, qui habite le quartier depuis 46 ans, avoue craindre de se promener le soir dans les rues de son quartier. Elle ne sort jamais lorsque le jour est tombé. «Il y a beaucoup de gangs et ça m’effraie. Rendu à un certain âge, ça n’en prend pas beaucoup pour nous faire peur!» Elle a passé la journée au parc Champdoré avec sa meilleure amie.
«On veut que ce sentiment d’insécurité parte», insiste Wildano Félix, le coordonateur du club de basket-ball les Monarques de Montréal, qui n’a pas hésité une seconde à s’investir dans l’organisation de la fiesta. Il souhaite que le quartier devienne comme une famille. «Mais j’ai aussi accepté d’organiser la journée parce que les jeunes des Monarques me demandent toujours des fêtes!»
Il pleut sur Champdoré
Si la pluie en fin d’après-midi a obligé les organisateurs à annuler le spectacle de musique qui mélangeait cultures haïtienne et italienne de même que le show amateur, les Michelois présents ont quand même eu le temps de profiter des festivités. Maquillage, jeux gonflables, tournoi de basket-ball, tirages, kiosque de tatouages temporaires et d’organismes communautaires, maïs bouillis et hot-dogs vendus à rabais par les adolescents de la Maison des jeunes, le parc, habituellement peu utilisé des Michelois, grouillait d’activités.
Le comité organisateur travaille depuis le mois d’avril à orchestrer ce grand pow-wow de fin d’été. Plus de 2500 dépliants ont été distribués de porte en porte.
«J’ai même invité les gens dans la rue en venant ici», raconte Soraya Martinez. Selon elle, le bouche à oreille fera son travail avec les années.
Élizabetha Fronterotta, armée d’un grand parapluie rouge, a regardé le spectacle de capoeira qui a continué quelques minutes malgré l’averse. «J’aime la fête, a-t-elle dit avec un joli accent italien. Ça fait du bien d’être avec le monde. C’est tellement diversifié.»
Un avis que partage Greishe Handy Clerjust, un jeune homme du quartier qui a participé au tournoi de basket-ball qui se tenait sur quatre jours. Venu samedi dernier avec ses amis pour la finale, il a résumé la journée en trois mots. «Belle, amusante… et pluvieuse!» L’unique critique entendue au courant de l’après-midi? «L’an prochain, ils devraient s’arranger pour ne pas qu’il mouille!» a lancé Marie Rousseau, à la blague.