BONNE FÊTE DU TRAVAIL
Demain les travailleuses et travailleurs de St-Michel célèbreront cette journée qui leur est dédié.
Nous profitons de cette occasion pour souhaiter à tous ces prolétaires de chez nous qu’ils soient décemment rémunérés et qu’ils aient des horaires décents, afin de pouvoir jouir d’une bonne qualité de vie et non de se contenter de vivre dans la pauvreté.
À cet effet, j’ai récemment lu dans Les Échos de l’île, le bulletin régional de l’Association des retraités et retraitées de l’enseignement du Québec (AREQ), région de Montréal, un texte d’actualité qui est très explicite, intitulé «Montréal dans la mire des gros commerces comme Wal-Mart». Je vous invite à le lire ci-dessous :
Montréal dans la mire de Wal-Mart
« Là où le géant de la grande distribution américaine s’implante, les acquis sociaux, les libertés syndicales et les salaires régressent, les petits commerces disparaissent et les sous-traitants sont mis sous pression maximale. Au prétexte de défendre les intérêts des consommateurs, Wal-Mart détruit les solidarités territoriales. » Voilà la description que faisait la revue Manière de voir de janvier 2006, numéro 84, au sujet de l’impact de la venue de Wal-Mart dans un quartier ou une région. On ne peut mieux décrire cette organisation commerciale tentaculaire qui se fout de tout et qui cherche depuis environ 3 ans à s’installer sur le territoire montréalais.
Le plan de Wal-Mart consiste à prendre pied, dans un premier temps, dans l’arrondissement St-Michel-Ahuntsic en utilisant l’entreprise Smart Centers qui voit à l’acquisition des espaces nécessaires à la construction du bâtiment bleu du « type boîte à chaussures » et du vaste stationnement qui accueillera les nombreux clients venus faire des économies sur 10% des 60,000 produits offerts. Smart Centers s’occupent aussi de faire du lobbying auprès des dirigeants politiques municipaux afin de ne rencontrer aucune entrave quant aux types de commerces susceptibles de s’installer sur les terrains visés.
En fait, Wal-Mart projette de construire 10 établissements à Montréal, en sus des succursales qu’elle détient déjà en vertu de la transaction qui lui a permis de mettre la main, il y a une dizaine d’années, sur Woolco, une concurrente importante. Elle fait valoir auprès des élus que chacun de ces nouveaux établissements nécessite un investissement de 30 millions et qu’il rapportera donc des revenus intéressants pour la municipalité. Wal-Mart fait aussi valoir qu’environ 200 emplois seront créés, toujours par établissement, en omettant de dire qu’environ 150 seront perdus et qu’une foule de petits commerces environnants devront fermer leurs portes devant un tel concurrent, que d’autres n’auront d’autres choix que de réduire les salaires de leurs employés afin de survivre. Quant aux salaires versés à ses employés, pour la grande majorité de sexe féminin, il consiste à un tarif/horaire de 9 $ pour une semaine de 34 heures. Tous les employés, sauf les cadres, sont des employés à temps partiel, sur appel, selon l’achalandage du magasin. Avec un revenu hebdomadaire de 306 $, un revenu annuel d’environ 15 000 $, on peut affirmer que ces salariés vivent sous le seuil de la pauvreté.
Et la syndicalisation? Mieux vaut l’oublier. La compagnie a même formé une équipe de cadres intermédiaires affectée à contrer à sa naissance toute tentative de syndicalisation. Qui ne se souvient pas de l’aventure vécue par les travailleurs du magasin de Jonquière? Le seul pays où Wal-Mart a accepté que ses ouvriers soient syndiqués, c’est en Chine, les syndicats chinois étant sous la tutelle du parti communiste. Quelques exceptions au Canada et aux Etats-Unis : certains travailleurs de ses ateliers de mécanique ont réussi à se donner un syndicat.
Cependant, Wal-Mart ne réussit pas partout : l’Allemagne a réussi à se débarrasser de Wal-Mart (85 magasins), la ville de New-York et celle d’Inglewood, en Californie, lui refusent de s’installer sur leur territoire et le maire de Chicago lui répondra affirmativement à condition qu’elle s’engage par écrit, à verser 10 $ de l’heure à ses employés pour une semaine de 40 heures de travail assurées.
Comment Wal-Mart réussit-elle à offrir des produits à un prix aussi attrayant pour environ 10% de sa marchandise? Une partie de la réponse apparaît plus haut, mais ça n’explique pas tout. Plusieurs de ses fournisseurs sont situés dans des pays émergents : la Chine chez qui elle s’approvisionne pour 15 milliards annuellement, de même que le Bengladesh où le travail d’enfants est rémunéré à 0,14 cents l’heure, en Haïti, au Vietnam, etc. De plus, elle force nombre de ses fournisseurs à baisser leurs prix en les menaçant d’aller voir ailleurs, ce qui oblige les entreprises concurrentes à couper à leur tour, pour ce faire, elles doivent forcer leurs employés à accepter une baisse de leurs conditions de travail sinon…elles se verront forcer de s’installer là où la main d’œuvre est nombreuse, docile, et très souvent, les gouvernements complaisants.
Devons-nous laisser faire Wal-Mart? Devons-nous rester impassibles devant le projet de Wal-Mart à Montréal?
À ces deux questions, je réponds non pour toutes les raisons énumérées précédemment. Nous devons surtout exiger des autorités municipales qu’elles adoptent la position de certaines villes du Québec, du Canada et des Etats-Unis et refusent à Wal-Mart le droit d’ajouter dix nouveaux magasins en territoire montréalais. On se doit d’encourager d’abord les commerces de proximité, les manufactures et les usines locales, afin de protéger les emplois et les droits de nos travailleurs.
Je nous invite, membres de l’AREQ-Montréal, dans un premier temps, à rechercher ailleurs les vraies aubaines puisque 90% de que l’on trouve chez Wal-Mart coûte ou le même prix ou un prix plus élevé qu’ailleurs et à consentir à débourser un peu plus pour un produit portant le logo FAIT AU Canada. Dans un deuxième temps, je nous rappelle à tous aussi un objectif qui se trouve dans notre plan d’action régional, pour la troisième année : nous nous sommes engagés à appuyer les comités de citoyens qui s’opposent à la venue de Wal-Mart. Cela suppose de surveiller les consultations faites par les arrondissements et de nous présenter aux audiences afin de nous opposer vivement à toute installation nouvelle de Wal-Mart sur le territoire montréalais tant et aussi longtemps que Wal-Mart s’approvisionnera auprès des ateliers de misère et tant que ses employés ne recevront pas un revenu hebdomadaire décent.
André Pelletier
2e Vice-président national
Répondant politique du Comité d’action sociopolitique