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La famille, c'est sacré!

Portrait de l'organisme Entraide Bénévole Kouzin Kouzin'

par Stéphane Rolland - Collaboration spéciale
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Article mis en ligne le 23 août 2008 à 17:38
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La famille, c'est sacré!
Merlaine C. Brutus, présidente de l'Entraide bénévole Kouzin Kouzin'(au centre), lors de la 10e Fête des enfants au parc Jean-Drapeau la fin de semaine du 16 et 17 août dernier.
La famille, c'est sacré!
Portrait de l'organisme Entraide Bénévole Kouzin Kouzin'
Alors que se déroulait la 10e Fête des enfants au parc Jean-Drapeau la fin de semaine dernière, les bambins ont pu s'initier à des jeux traditionnels haïtiens grâce aux intervenants de l'organisme michelois l'Entraide bénévole Kouzin Kouzin', qui œuvre auprès des jeunes familles immigrantes.
La participation annuelle de Kouzin Kouzin' à la Fête des enfants représente bien les objectifs de l'organisme. Depuis sa création en 1993, il aide les jeunes issus de l’immigration (et leur famille) à développer leurs aptitudes. «À nos débuts, les médias présentaient une image négative des jeunes issus de l'immigration, notamment ceux d'origine haïtienne, qu'ils associaient à des casseurs. Les jeunes finissaient par croire cette image qu'on leur renvoyait, déplore la présidente directrice de l’Entraide Kouzin Kouzin’, Merlaine C. Brutus. Nous avons voulu offrir un contre-poids en leur présentant des modèles positifs : des jeunes qui ont réussi.»

Ce modèle, c'est le « grand kouzin » ou la « grande kouzin' », des étudiants du milieu collégial et universitaire qui s'engagent à faire des activités avec leur «petit kouzin». Après avoir passé une série d'évaluations et avoir suivi une formation, les bénévoles sont jumelés à un petit kouzin âgé de 5 à 16 ans. Ils font diverses activités comme des sorties au cinéma, des visites à la bibliothèque ou de l'aide aux devoirs.

Un membre de la famille

Kouzin Kouzin' travaille aussi en étroite collaboration avec les familles. «Intervenir auprès des enfants à l'école ou au centre communautaire ça ne mène pas loin si on n'interagit pas avec sa famille», explique Mme Brutus.

Selon les données de l'organisme, 85% de sa clientèle est composée de familles monoparentales. Aux prises avec certaines difficultés, ces familles ont parfois besoin d'un coup de pouce afin de faciliter leur intégration à la société d'accueil. Les intervenants sont ainsi appelés à expliquer divers aspects de la société québécoise, comme ses valeurs ou le fonctionnement de son système scolaire.

Ces enseignements sont essentiels au bien-être des familles. Mme Brutus se souvient d’avoir été obligée d'aider plusieurs personnes à prendre contact avec leur propriétaire en raison du mauvais état de certains logements du quartier. «Nous avons déjà eu des cas où les enfants se levaient pendant la nuit en criant parce qu'il y avait des rongeurs dans leur chambre», soutient-elle.

Certaines familles ont également besoin d'être accompagnées dans l'éducation de leurs enfants. «Lorsque nous avons débuté, nous avons rencontré des enfants qui ne parlaient pas à l'âge de 3 ans, se souvient Mme Brutus. Grâce à nos conseils, leurs parents ont réussi à les faire parler. Aujourd'hui, ils sont heureux de constater que leurs petits parlent sans arrêt et qu'ils sont devenus de véritables pies.»

Le défi masculin

Fière des accomplissements des familles que son organisme a accompagnées au cours des 15 dernières années, Mme Brutus reconnaît qu'il reste encore un défi de taille à relever: recruter des bénévoles masculins. Les jumelages ne se font qu'entre personnes du même sexe et sur les 26 jumelages de l'organisme, seulement 3 sont masculins. Environ une soixantaine de jeunes garçons attendent donc d'être jumelés à un grand kouzin.

«Les garçons nous aident avec des travaux ponctuels, mais ils hésitent à prendre un engagement à long terme comme le jumelage, explique Mme Brutus. C'est dommage parce qu'il y a beaucoup d'enfants de mères monoparentales qui aimeraient avoir un modèle positif masculin.»

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