Le beau temps était au rendez-vous durant toute la fin de semaine qu'a duré la fête, malgré un été des plus pluvieux. Signe que "le bon Dieu est avec les agriculteurs bio", plaisante Benoit Girouard, organisateur et fondateur de l'événement.
Du bio sous le soleil
5e édition de la fête bio paysanne
Des kiosques remplis de mille et un produits bio, une aire de repos avec des hamacs, de la pétanque, du maquillage pour les enfants et même du soleil dans un été gris: la cinquième édition de la fête bio-paysanne, tenue la fin de semaine dernière à la Tohu, avait tous les airs d'une grande fête familiale écolo.
Le choix était pour le moins diversifié lors du grand rassemblement de trois jours, qui s’adressait autant aux néophytes qu’aux habitués. On y proposait des aliments biologiques, mais aussi d’autres types de produits «bio-écolo», de la peinture naturelle aux matériaux de construction en passant même par les cosmétiques. Près d'une centaine d’exposants étaient présents, en plus des nombreuses activités, conférences et ateliers donnés.
L’heure était au biologique, mais aussi à la famille. On pouvait observer aux abords de la Tohu une horde d’enfants énergiques s’amuser tantôt avec un magicien, tantôt avec de véritables dragons humains vibrant au rythme de la musique. «C'est le festival de la poussette», s'exclame le fondateur et porte-parole de l'événement, Benoit Girouard, visiblement satisfait.
Selon lui, la dimension familiale de la fête bio-paysanne est primordiale. «Les changements passent par les enfants et par les femmes. En 2008, ça demeure encore les mères de famille qui tiennent littéralement le garde-manger. Quand on veut faire changer des habitudes alimentaires ou penser à introduire des nouveaux aliments, c'est par la femme que ça passe», estime Benoit Girouard, qui est aussi président de l’Union Paysanne, un syndicat agricole et citoyen.
Début d’une tradition
Avec 25 000 visiteurs cette année, la Fête bio-paysanne porte bien son titre de plus «grand rendez-vous biologique et environnemental au Canada», alors que les organisateurs s'attendaient plutôt à 20 000 personnes. Le secret du succès? «Ça sent l'écologie, ça sent le bio, sans non plus être dogmatique ou ‘prêchi-prêcha’. Le bouche à oreille se fait et les gens savent qu'ils peuvent venir ici s'amuser, à un moment précis de l'année, tout en mangeant bien, croit Benoit Girouard. Les gens reconnaissent aussi qu'ici c'est un espace ludique avec les arts du cirque et qu'on est en mesure d'avoir de l'animation et un espèce d'art de vivre.»
Plusieurs efforts ont été mis en place pour «rendre la campagne accessible aux urbains», un des objectifs de l'événement, notamment en amenant des animaux de ferme sur le site de la Tohu. «Il y a beaucoup de gens qui n'ont pas vu d'animaux de ferme, certains depuis leur naissance […]. Ce contact-là permet, je pense, d'humaniser la campagne et aussi de rappeler aux gens l'importance de l'alimentation», explique Benoit Girouard.
Même si l'intérêt des gens semble croître avec les années et que la Fête bio-paysanne attire son lot de visiteurs, tout n'est pas rose pour autant dans le domaine de la production biologique. «Les producteurs biologiques au Canada, et même au Québec, n'ont pas de soutien de l'État et doivent se débrouiller à force de travail», souligne Benoit Girouard.
L'été pluvieux que nous connaissons cette année a aussi touché un bon nombre de producteurs, pour qui il aura été impossible de participer à cette édition de la grande fête biologique. Qu'à cela ne tienne, la Tohu annonce déjà la tenue d’une 6e édition de cette «tradition bio» du quartier St-Michel.