Annonces classées | Nos Hebdos
Journal de St-Michel
acceuil08
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Un visage michelois à la lutte contre le sida

par Emiliano Arpin-Simonetti
Voir tous les articles de Emiliano Arpin-Simonetti
Article mis en ligne le 8 août 2008 à 22:11
Soyez le premier à commenter cet article
Un visage michelois à la lutte contre le sida
De par leur connaissance de la communauté haïtienne, les intervenantes de Gap-Vies peuvent aider les intervenants des autres milieux à agir plus efficacement auprès de cette clientèle, dont les valeurs sont souvent méconnues. Photo Emiliano Arpin-Simonetti
Un visage michelois à la lutte contre le sida
La tenue de la 17e conférence internationale sur le sida à Mexico la semaine dernière a rappelé une fois de plus l’importance de la prévention dans la lutte contre le VIH. Le quartier St-Michel ne fait pas exception, d’autant plus que certaines caractéristiques qui lui sont propres rendent cette lutte parfois plus difficile. La forte prévalence des communautés ethniques – en particulier la communauté haïtienne- impose un cadre de travail bien différent de celui auquel sont généralement habitués les intervenants de la métropole.
«Souvent le culte religieux peut être pour certains un obstacle à la prise de médicaments, donc les intervenants ne le comprennent pas forcément bien. Les gens qui ne connaissent pas bien ces communautés ne vont pas savoir comment négocier une prise de médicaments par exemple, sans arrêter le culte religieux», explique l’organisatrice communautaire au Groupe d’action en prévention de la transmission du VIH et pour l’éradication du sida (Gap-Vies), Marie-Hélène Luly. L’organisme pour lequel elle travaille s’occupe de faire de la prévention contre le VIH/sida et de l’accompagnement et vise surtout la communauté haïtienne. Situé près du métro St-Michel, aucune enseigne ne trahit son emplacement, un détail qui prend toute son importance dans une communauté où les liens sont tissés serrés, à l’image d’un petit village où tout le monde se connaît. Dans un tel contexte, s’afficher en tant que séropositif est d’autant plus difficile que les préjugés à l’égard de la maladie sont tenaces.

Préjugés et tabous

Contrairement à d’autres secteurs de la ville ou au Québec en général, où le VIH affecte avant tout la communauté gaie et les utilisateurs de drogues injectables, les personnes atteintes par le virus dans le quartier St-Michel sont en majorité hétérosexuelles (hommes et femmes) et viennent souvent de pays où le VIH est endémique, comme Haïti ou l’Afrique noire par exemple. La stigmatisation dont elles sont l’objet n’en est pas moindre pour autant.

« On a tous des préjugés ou des idées préconçues sur les gens qui vivent avec le VIH. Quand on apprend qu’on est porteur du virus on reporte ces idées sur soi-même […] et ça peut être plus fort dans les communautés ethno-culturelles qui sont d’autant plus minoritaires et donc doublement stigmatisées», explique Marie-Hélène Luly.

Cette stigmatisation prend par ailleurs des formes différentes en fonction des valeurs et des croyances religieuses qui prévalent dans la communauté noire. Le sexe, par exemple, demeure un sujet extrêmement tabou, qu’il faut souvent aborder dans le contexte restreint du couple hétérosexuel marié.

«Quand il est question de parler du port du condom dans des couples qui ne sont pas encore mariés, c’est difficilement acceptable», avoue Marie-Hélène Luly. «Il faut aussi adopter, dans notre message de prévention, l’abstinence comme étant un moyen de prévention qu’il ne faut pas négliger», renchérit sa collègue Stéphane Richard, agente d’information, d’éducation et de communication à Gap-Vies, qui insiste sur l’importance de ce moyen de prévention.

Détail révélateur du malaise qui existe dans la communauté quand vient le temps de parler de sexe, Stéphane Richard raconte que lors d’une activité de prévention de l’organisme, où elle était accompagnée d’une bénévole, cette dernière n’a même pas réussi à distribuer un seul condom. «Si l’intervenant n’est pas à l’aise avec le fait de distribuer des condoms ça devient difficile de parler condom, parler sexe, parler amour avec les gens.»

Trousse à outils

Pour transcender les barrières culturelle et religieuse qui peuvent compliquer le travail des intervenants de différents milieux de soins, Gap-Vies donne depuis quelques années des ateliers de formation sur la communauté haïtienne. Fort de sa connaissance de cette communauté, au sein de laquelle il intervient depuis plus de vingt ans, l’organisme travaille également avec la Direction de la santé publique de Montréal pour créer une trousse à outil sur la communauté haïtienne à l’intention des intervenants des milieux institutionnel et communautaire.

Une idée qui semble bien accueillie par l’infirmier clinicien en prévention du VIH et des infections transmises sexuellement au CLSC de St-Michel, Éric Asselin. «Ça peut être difficile d’amener les gens à voir le médecin et passer un test de dépistage, explique-t-il. Plusieurs médecins au CLSC sont d’origine haïtienne et les patients pensent qu’ils ne respecteront pas le secret professionnel et que tout le monde dans la communauté va le savoir s’ils sont séropositifs» Une situation qui révèle une réalité de la communauté haïtienne, qu’il faut comprendre pour pouvoir y remédier.



Le site web de Gap-Vies: www.gapvies.ca

Affichage des photos

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


La question du net