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Journal de St-Michel
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La drogue, ça s’arrête ici

La Ligue des noirs lance une campagne anti-drogue dans le quartier

par Emiliano Arpin-Simonetti
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Article mis en ligne le 8 août 2008 à 21:31
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La drogue, ça s’arrête ici
Des volontaires de la Ligue des noirs ont sillonné le quartier pour distribuer tracts et informations contre la drogue vendredi dernier. Photo: Emiliano Arpin-Simonetti
La drogue, ça s’arrête ici
La Ligue des noirs lance une campagne anti-drogue dans le quartier
Malgré la pluie et le temps gris, ils étaient nombreux à sillonner le quartier St-Michel vendredi le 8 août dernier, tract à la main. Cognant aux portes des Michelois pour les sensibiliser aux problèmes engendrés par le trafic et la consommation de drogue illégales, les équipes de volontaires répondaient à l’appel de la Ligue des noirs du Québec, qui lançait récemment une campagne de lutte contre la drogue dans le quartier.
«C’est une bonne façon de s’impliquer dans la communauté, explique Emma, 28 ans, qui était de la partie vendredi matin. Ça donne un bon exemple aux jeunes que l’on croise, ça leur montre qu’on peut faire autre chose que de traîner dans la rue et de vendre de la drogue quand on est noir.»

Si les noirs ne représentent qu’environ 2% de la population du Québec et du Canada, ils constituent cependant entre 6% et 7% de la population carcérale canadienne. Dans certains secteurs, comme à Toronto ou Montréal, cette proportion grimpe parfois jusqu’à plus de 10%, comme à la prison de Bordeaux, à Montréal, où environ 1 détenu sur 6 est noir.

C’est le trafic et la consommation de drogues illégales qui sont, entre autres, responsables de cette surreprésentation des noirs dans les pénitenciers. Pour le président de la Ligue des noirs du Québec, Dan Philip, ces chiffres indiquent que la communauté noire, de par la pauvreté qui y prévaut, est à la fois victime du trafic de la drogue et d’une attitude répressive du système judiciaire.

«On cible plutôt les gens qui sont en bas de l’échelle, affirme-t-il. Les gens qui sont vraiment responsables d’infiltrer et d’importer la drogue ici, ils sont presque toujours libres. Ça ne sert à rien d’envoyer des milliers de gens de la communauté noire en prison si la drogue reste toujours présente dans la société. Vous allez en envoyer quelques-uns en prison et d’autres vont prendre la relève aussitôt.»

Éducation populaire et conscientisation

Pour mettre fin au cercle vicieux pauvreté/trafic de drogues illégales, la Ligue des noirs compte donc conscientiser les membres de la communauté aux conséquences néfastes de la drogue et ce, dans le plus grand nombre de quartiers possibles. Lancé récemment dans St-Michel, son programme de lutte contre la drogue prévoit une campagne d’éducation populaire, des rencontres avec les citoyens ainsi que des conférences, en plus du porte à porte qui est fait par les membres de l’association.

S’unir dans la lutte

Selon Dan Philip, la campagne suscite déjà l’adhésion des membres de la communauté noire, qui y participe activement. «Nous sommes des victimes de la drogue, mais nous ne pouvons pas rester des victimes pour toujours, nous devons faire quelque chose pour améliorer la situation», explique-t-il.

À cet effet, il semble que le candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine, Barack Obama, qui pourrait devenir le premier président noir des Etats-Unis, ne soit pas uniquement une source d’inspiration pour les Américains. Le slogan de campagne du sénateur de l’Illinois, «Yes we can» («Oui, nous pouvons») est en effet repris en guise de message d’espoir sur le dépliant distribué par les membres de la ligue des noirs aux résidants du quartier.

«Lorsque les jeunes noirs regardent la télé, ils ne voient pas de modèles positifs dans leur communauté, déplore Jacques Gérard Dorzin, responsable d’une des équipes de porte à porte et conseiller en emploi à la Ligue des noirs. Quand ils voient des gens comme Barack Obama, qui est chef du parti démocrate et candidat à la présidence des États-Unis, ça peut les inspirer. Ça apporte un message d’espoir car ils voient qu’ils peuvent faire autre chose que de la criminalité, poursuit-il. Alors Yes we can, ça dit que tous ensemble nous pouvons nous unir pour lutter contre la drogue.»

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