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Précarité des centres communautaires de loisir

par Marie-Eve Maheu
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Article mis en ligne le 12 mai 2008 à 12:03
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Précarité des centres communautaires de loisir
La réceptionniste du Centre communautaire de loisir René-Goupil termine son contrat cette semaine. À gauche, la directrice, Sylvie Pronovost, déplore ce roulement de personnel. Le maigre financement qu’elle reçoit de la Ville l’empêche toutefois de faire autrement.
Précarité des centres communautaires de loisir
La situation financière des centres communautaires de loisir (CCL) n’est pas jojo. Ils sont plusieurs à décrier leur manque de ressources pour répondre aux besoins de la population. Cette précarité se vit dans toute la province, et Saint-Michel ne fait pas exception.
Sylvie Pronovost est directrice du Centre de loisirs René-Goupil, qui dessert annuellement quelque 40 000 Michelois. Elle est la seule employée permanente. Le reste de son personnel est contractuel. «Le temps de coacher et d’intégrer une nouvelle personne et elle s’en va. C’est essoufflant pour un organisme», déplore-t-elle.

Le manque d’argent et d’effectifs restreint les services offerts. «Ce n’est pas les idées qui manquent, mais on n’est pas la maison des miracles. Pour développer des projets le fun, ça nécessite d’avoir des sous.»

Du côté de Loisirs communautaires Saint-Michel, la situation n’est pas beaucoup plus réjouissante. «Beaucoup de besoins restent à combler dans la communauté», soutient sa directrice, Lise Beauchemin. La demande est forte pour des cours de français et d’anglais pour adultes. Elle aimerait aussi pouvoir diversifier les sports offerts.

L’autofinancement, un frein au développement

La majorité du budget des CCL provient de l’autofinancement. «On doit faire beaucoup d’activités de financement pour survivre, explique Lise Beauchemin. On en vient à ne penser qu’à ça. Le temps qu’on met là-dedans, on ne l’investit pas dans le développement.»

De plus, ce moyen de financement a ses limites. Loisirs communautaires Saint-Michel a été forcé de hausser ses tarifs cet hiver. «Ça nous fait mal», lâche Mme Beauchemin. Le centre a en effet enregistré une baisse de la clientèle.

Difficile aussi de faire concurrence au privé. «On n’est pas capable de payer correctement nos professeurs», se désole-t-elle. Ceux-ci ne reçoivent en effet qu’un peu plus que le salaire minimum. Elle nie toutefois que cette situation nuit à la qualité de l’enseignement. «Ça prend des gens qui se donnent une mission sociale.»

Le Centre de loisirs René-Goupil doit pour sa part s’autofinancer à 70%. Le reste des sommes vient de la Ville. Le hic, c’est que le quartier nord-est de Saint-Michel est un endroit peut propice à des activités de financement, ajoute Sylvie Pronovost. «On est une des régions les plus pauvres du Canada, dit-elle. Les adultes vivent dans une situation trop précaires pour se payer un cours de tai-chi. Toutes nos activités doivent être gratuites, sinon on n’a pas de participation. La Ville s’attend à ce qu’on monte des activités et qu’on s’autofinance. En pratique, c’est une autre paire de manche.»

Pas d’argent du gouvernement

Loisirs communautaires Saint-Michel et le Centre de Loisirs René-Goupil ne reçoivent aucune subvention du gouvernement parce qu’il ne parviennent pas à répondre à tous les critères du ministère. Des 84 CCL qui font partie de la Fédération québécoises des centres communautaires de loisir, 11 ne sont pas financés par Québec.

Cette situation est décriée par la Fédération qui demande un investissement de 2,3 millions de dollars, devant être répartis entre tous les CCL fédérés. La somme demandée permettrait de financer ceux qui ne reçoivent rien, et de rehausser minimalement le financement de tous les centres.

«Les difficultés qu’on éprouve sont liées à l’absence d’une réelle indexation du financement gouvernemental depuis 2001, soutient le directeur de la Fédération, Pierre Vigeant. Les coûts de chauffage et d’électricité ont grimpé de 14 %, le salaire minimum a augmenté. On a besoin d’aide pour assumer la hausse des dépenses.»

Le gouvernement a bonifié le financement des CCL de 250 000$ annuellement, en juin dernier, rappelle Jean-Pascal Bernier, attaché de presse de la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport. «C’est une augmentation intéressante», soutient-il.

Pierre Vigeant juge ce réinvestissement insuffisant et s’inquiète du sort des CCL. «On a créé ces centres pour rendre les loisirs accessibles à tout le monde. Ce mandat est maintenant compromis à cause d’un manque de financement.»

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