Katia Pineda s’inquiète pour la sécurité de ses deux garçons lorsqu’ils se rendent à l’école Saint-Bernardin. Le corridor scolaire passe en effet sous l’autoroute Métropolitaine.
Problèmes de sécurité à proximité des écoles
Les parents demandent davantage
Le voyage entre la et l’école pour les élèves de Saint-Bernardin n’est pas de tout repos. Lorsque sonne la fin des cours, des dizaines d’enfants se massent près de la voie d’accotement de l’autoroute Métropolitaine pour la traverser. Les voitures filent à vive allure, dépassant largement la limite de 50km/h. « Je dois mettre un pied dans la rue lorsque la lumière tourne au rouge, sinon les voitures ne s’arrêtent pas », raconte la brigadière, coin Crémazie et 6e avenue.
La situation inquiète grandement Katia Pineda, mère de jumeaux âgés de neuf ans qui fréquentent l’école. « Je le sais qu’ils sont vieux, mais je ne veux pas qu’ils aillent seuls à l’école, raconte-t-elle. J’ai peur qu’ils se fassent frapper. »
Un voisin reconduit gentiment ses deux garçons à l’école chaque matin. Son mari s’occupe généralement du retour. « Je suis chanceuse. Pour les parents qui ne peuvent pas accompagner leurs enfants, c’est inquiétant ! »
Et il n’y a pas que le trafic qui l’effraie. Depuis que la fourrière Météor s’est installée sous la Métropolitaine, la situation est encore plus préoccupante, croit-elle. Pour accéder à la fourrière, les remorqueuses doivent en effet chevaucher le trottoir emprunté quotidiennement par les élèves. Un danger pour les jeunes, croit Katia Pineda.
Protester à l’unisson
Le problème de sécurité aux abords des écoles n’est pas unique à Saint-Bernardin. Katia Pineda fait partie d’un groupe de parents ayant déposé un mémoire sur le sujet au Conseil d’arrondissement Villeray-St-Michel-Parc-Extension, cet automne.
Ils y déplorent le manque d’initiatives pour assurer la sécurité de leurs jeunes et exigent un aménagement plus adéquat de l’espace routier. Ils proposent notamment d’améliorer la signalisation dans les zones scolaires, de réduire la largeur des grandes artères, d’installer des dos d’âne et des « feux tout rouge ».
En réponse, l’arrondissement a évalué la sécurité à proximité de quatre écoles situées près de grandes artères. Saint-Bernardin fait partie des établissements ciblés. « Ce ne sont pas les seules écoles qui vivent des problèmes, mais on ne pouvait pas tout faire en même temps », explique la maire de l’arrondissement, Anie Samson.
Elle a consulté les directions des quatre écoles et les présidents des conseils d’établissement (élus par les parents), et leur a présenté son plan d’action. Notamment, quatre afficheurs fixes seront bientôt installés près des écoles plus vulnérables et quatre autres circuleront entre les écoles restantes.
Pas question, bien sûr, d’installer des dos d’âne sur la voie de service de l’autoroute Métropolitaine ou sur Papineau, avance Anie Samson. « On doit faire preuve d’imagination pour ralentir la circulation, en plus de travailler conjointement avec la police. » L’arrondissement entend notamment marquer les zones scolaires au sol, histoire de rendre la signalisation plus visible. « Pour le délais, on dépend de Rosemont-Petite-Patrie qui gère la machinerie nécessaire », dit-elle.
L’installation de «feux tout rouge» est envisagée, mais pas avant que la Ville n’ait procédé à la mise à niveau des feux de circulation. La limite de vitesse pourrait aussi passer à 40km/h si Québec donne son feu vert au projet de la ville-centre.
Trop long
Malgré ces initiatives, des parents sont toujours mécontents. Le 1er avril dernier, une lettre déplorant l’inaction de l’arrondissement a été remise à Anie Samson. Celle-ci était signée par Céline Faucher, présidente du Conseil d’établissement de l’école St-Grégoire-le-Grand, au nom de parents de Villeray et de Saint-Michel.
« Je ne comprends pas la teneur de la lettre, dit la maire. Notre plan d’action a été très bien reçu. Mme Faucher se disait très contente lorsque nous lui avons présenté. »
Les commissaires de Saint-Michel sud et de Villeray se sont aussi joints à la ronde de reproches. « Je comprends l’inquiétude des parents, dit le commissaire scolaire de Saint-Michel sud, Tomas Arbieto. Les instances concernées sont très lentes à trouver des solutions. »
« C’est sûr que tout le monde veut que ça
se fasse vite, mais ce n’est pas toujours évident, riposte Anie Samson. L’arrondissement a fait ce qu’il doit faire. » Elle avoue toutefois que le manque d’effectifs pour traiter toutes les demandes qui lui sont faites peut ralentir le processus.
Elle prévoit organiser une nouvelle rencontre avec les conseils d’établissement pour faire la lumière sur le dossier.