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Journal de St-Michel
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Médias québécois… sources de préjugés envers les immigrants?

par Marie-Ève Maheu/Collaboration spéciale
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Article mis en ligne le 4 avril 2008 à 11:32
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Médias québécois… sources de préjugés envers les immigrants?
Naima Mimoune, Gaby Hsab et Claude Bricault ont parlé du rôle des médias dans l'intégration des immigrants
Médias québécois… sources de préjugés envers les immigrants?
Une conférence-débat sous le thème des médias et leurs rôles dans l’intégration des nouveaux arrivants a été organisée par Mon Resto Saint-Michel, le 28 mars dernier, dans le cadre de la Semaine d’actions contre le racisme. L’événement a attiré une trentaine de personnes. Un consensus émerge: les médias de masse contribuent à accroître les préjugés envers les immigrants, d’où l’importance des médias communautaires pour faire contrepoids.
Le conférencier et professeur en communication à l’UQAM, Gaby Hsab, est catégorique: les médias de masse déforment la représentation des immigrants dans la société. Selon lui, les musulmans, les juifs hassidiques et les sikhs sont les trois principaux groupes touchés. À preuve, il s’est amusé à découper les photos représentant ces minorités dans les journaux québécois. Le constat est probant.

«On ne voit que des femmes qui portent le niqab [un voile qui couvre la totalité du visage], alors qu’il y a seulement une centaine de femmes qui le portent au Québec.» Les sikhs sont pour leur part imagés par un simple kirpan, un poignard symbolique dans leur religion. «Les photos utilisées rappellent toujours qu’il y a une menace, déplore Gaby Hsab. Les médias renforcent les préjugés.»

Selon le professeur, cette situation nuit à l’intégration des immigrants dans la société québécoise. «Leurs actions sont toujours associées à la religion ou à la communauté à laquelle ils appartiennent, ce qui les pousse à être sur la défensive.»
Faire contrepoids
Aussi du débat, la vice-présidente de Média Maghreb, Naïma Mimoune, s’inquiète de la marginalisation et de l’exclusion des immigrants des médias québécois. Elle ajoute que les médias ont tendance à coller des stéréotypes aux différentes communautés culturelles. «Les immigrants issus des pays arabes sont les plus touchés par ce problème, surtout depuis le 11 septembre 2001. Terrorisme et musulmans sont trop souvent associés.»

Selon elle, les médias ethniques sont essentiels pour les immigrants, qui sont malheureusement boudés par les médias de masse. «Ça nous permet de donner une voix à notre communauté et de la visibilité à nos leaders pour qu’ils nous représentent. C’est désolant de voir toujours les mêmes penseurs interviewés par les grandes chaînes.»

Pour l’éditeur du Journal de St-Michel, Claude Bricault, les médias communautaires participent activement à intégrer les immigrants à la société québécoise. «Quand ils arrivent au Québec, ils manquent de ressources et s’inquiètent de combler leurs besoins primaires. Ils ne veulent pas savoir si Jean Charest est populaire ou non dans les sondages. Un journal local leur permet de découvrir une multitude de ressources dans leur quartier, comme les banques alimentaires, les activités communautaires, les périodes de vaccination, ou encore, les haltes-garderies.»

Les journaux de quartier peuvent même aider à la francisation des immigrants, soutient-il. «Certains m’ont déjà confié que le Journal de St-Michel était la seule publication en français qui rentrait chez eux chaque semaine.»

Selon Claude Bricault, les journaux communautaires ont la qualité, avant tout, d’être près des gens. «Ils permettent aux immigrants de sortir de l’isolement. De nombreuses personnes nous appellent parce qu’elles ne savent pas à quelle porte cognée. On les réfère aux bons organismes.»

Une fois intégrés, les immigrants s’intéresseront aux grands quotidiens, croit l’éditeur. «En attendant, les hebdomadaires de quartier leur offrent des informations de proximité.»

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