Serge Landry, propriétaire de Remorquage Météor, aimerait s'installer en bordure de la carrière Saint-Michel.
Météor propose un terrain
Question de montrer sa bonne foi dans le dossier, le propriétaire de Remorquage Météor, qui occupe le terrain situé sous l'autoroute Métropolitain, entre Pie-IX et Iberville, a proposé aux administrations municipales un terrain où il pourrait s'implanter.
«On voulait proposer une solution permanente, un nouveau site ou on pourrait effectuer nos activités, explique M. Landry. De plus, on quitterait le dessous de la métropolitaine il n'y aurait aucune zone scolaire près du terrain sélectionné, le passage des dépanneuses ne se ferait sur aucune rue résidentielle.» Depuis plus d'un an, Remorquage Météor subit les foudres des citoyens de Saint-Michel, les activités de l'entreprise jugée dangereuses pour ce quartier résidentiel et scolaire.
Encore dans Saint-Michel
C'est donc sur un terrain situé à l'est du boulevard Saint-Michel, en bordure de l'ancienne carrière Francon que M. Landry propose de s'installer, un terrain que la mairesse de l'arrondissement Villeray/Saint-Michel/Parc-Extension (VSP), Anie Samson, avait prévu pour autre chose. «C'est un terrain qui est visé pour vider la carrière, en vue de l'arrivée de Smart Centres», a expliqué Mme Samson qui s'indigne toutefois du choix de M. Landry de proposer un terrain qui soit encore dans Saint-Michel. «Pourquoi il vient encore chez nous?, se demande-t-elle. Je rappelle qu'on nous a imposé Météor.»
Si l'entreprise mal-aimée propose un terrain dans Saint-Michel, c'est pour des raisons de proximité. «On dessert le centre opérationnel nord pour le service de police de Montréal, qui est VSP en majeure partie, explique M. Landry. On dessert également la métropolitaine, qui est la seule section de l'autoroute dans le secteur VSP où il n'y a aucun accotement où l'on peut circuler, de là l'importance de pouvoir se déplacer rapidement.»
Mais pour Mme Samson, ce n'est pas excusable. «Toutes les raisons sont bonnes, lance-t-elle. Les gens de Saint-Michel ont reçu les déchets de tout le monde pendant plusieurs années et là on est tannés!»
Un accueil mitigé
Outre la réaction plutôt froide de Mme Samson face au projet, M. Landry affirme que cela n'a pas été partagé. «Notre proposition a été accueillie par les médias de belle façon, dit-il. Ils ont jugé que c'était une offre qui était bonne, qu'on ne nuirait pas à personne et que ça pourrait se faire tout en aidant le quartier.»
Si M. Landry affirme avoir été surpris par la déclaration de Mme Samson, à savoir que le terrain proposé était prévu à autre chose, il croit qu'on devrait davantage l'aider à partir. «Mme Samson nous a surpris quand elle a dit ça au conseil lundi dernier, dit-il. Un moment donné, on est toujours avec une réponse négative, il faudrait peut-être qu'on nous trouve des solutions ou qu'on propose autre chose. C'est facile de dire qu'on doit partir, mais ils ne proposent jamais rien.»
L'entreprise Remorquage Météor s'est installée, il y plus d'un an, en dessous de l'autoroute Métropolitain, et s'étend maintenant de Pie-IX à Iberville, après que l'administration de Gérald Tremblay lui ait permis d'occuper le terrain de façon temporaire, au malheur des Michelois. Mais aujourd'hui, le dossier est encore en suspend, alors que personne ne veut de l'entreprise. «C'est plate parce que tout le monde se renvoie la balle, lance Mme Samson. Et à la ville centre, on s'en lave les mains.»
Des recours légaux ont été entrepris par les élus, depuis janvier dernier, considérant le «délai raisonnable comme étant dépassé», avait dit Soraya Martinez, conseillère du district de Saint-Michel.