Démystifier l'Héritage Vaudou
Mercredi après-midi, malgré un soleil de plomb, il fait froid dehors. Mais dans la petite salle du Carrefour populaire de Saint-Michel, tous s'entassent et enlèvent leurs manteaux, foulards et gants, car il fait chaud! Dans le cadre du Mois de l'histoire des Noirs, la présentation du documentaire Héritage Vaudou en a attiré plus d'un. Des Haïtiens d'origine à l'affût du sujet, parfois pratiquants eux-mêmes, mais aussi plusieurs curieux, venus démystifier le vaudouisme.
D'une durée de 69 minutes, le documentaire de Didier Berry tente de démystifier l'univers du vaudou, cette croyance tabou, mais surtout d'en défaire les préjugés.
Afin de réaliser ce documentaire, Didier Berry s'est beaucoup promené en Haïti, mais aussi ici, à Montréal. Accompagné de Monique Dauphin, adepte du vaudou également présente lors de la représentation, il a sillonné plusieurs endroits où l'on s'adonne corps et âme à cette pratique. Le documentaire présente donc l'avis de plusieurs pratiquants ainsi que des chercheurs et professeurs, qui désensorcellent le tout.
À la suite de la présentation, les adeptes ont pu discuter de leur expérience et leur connaissance, alors que les personnes intéressées ont pu poser leurs questions, autant aux présentateurs du documentaire qu'aux pratiquants, dans la salle.
La discussion a duré près d'une heure, alors que tous et chacun s'exprimaient sur le sujet, engendrant commentaires et opinions engagées.
Mme Dauphin a aussi présenté une table typique, sur laquelle se retrouvait notamment parfum, plantes ainsi que quelques bouteilles d'alcool.
Vaudou et sorcellerie : un mythe à défaire
Accompagnée de ses enfants, Monique Dauphin a tenu à exprimer sa croyance et en défaire les mythes. «La sorcellerie et le vaudou, c'est deux choses complètement différentes!», s'est-elle exclamée, prônant davantage pour une croyance inclusive où chacun peut s'y retrouver. «Le vaudou, c'est une croyance qui n'est ni raciste, ni sexiste, elle est universelle, a-t-elle expliqué. Les seules personnes que le vaudou rejette, ce sont les mauvaises personnes qu'on n'a pu changer».
Réalisé en 2003, le documentaire a été présenté lors de plusieurs festivals et rencontres. Mme Dauphin a mentionné son souhait d'en faire un deuxième, avec M. Berry, qui aborderait la question, d'un autre angle cette fois. «Nous aimerions faire un film où l'on voit le vaudou de l'intérieur. Mais il nous reste tellement à voir, c'est un puit de connaissances et on n'en finit jamais d'apprendre», a-t-elle lancé.
Le documentaire Héritage Vaudou a été précédé d'un dîner à la créole.
Quelques informations sur le Vaudou
La nuit du 22 au 23 août 1791 a éclaté la révolte d'esclaves menée par Boukman, un prêtre vaudou. Cette guerre mènera à l'indépendance d'Haïti en 1804.
La poupée vaudou est souvent caractérisée à mauvais escient. Elle sert surtout pour la guérison, ou pour prôner l'amour ou la richesse.
On retrouve plusieurs éléments africains, indiens et européens dans le vaudou.