Alan DeSousa est venu annoncer une entente avec la Ville dans le dossier Smart Centres.
Projet Smart Centres dans la carrière Saint-Michel, le géant approche à grands pas
Au terme de deux ans de discussions et de négociations, une nouvelle brèche s’ouvre sur le projet Smart Centres, alors que le comité de concertation a annoncé, jeudi dernier, qu’une entente était survenue entre la Ville et le promoteur du projet.
Ainsi, les membres du comité exécutif de la ville centre se sont engagés à vendre la partie ouest de la carrière Saint-Michel au promoteur Smart Centres. La vente est fixée à 10 M$.
«C’est une belle journée pour notre arrondissement, a lancé le maire de l’arrondissement Villeray/Saint-Michel/Parc-Extension (VSP), Anie Samson, en conférence de presse. Je sens beaucoup de fébrilité face au projet, ça fait déjà deux ans qu’on en parle.» Selon elle, il était temps de finaliser l’utilisation de l’ancienne carrière Francon, qui ne sert que de dépotoir à neige depuis plusieurs années.
Alan DeSousa, responsable de Montréal 2025, du développement économique et durable au comité exécutif a lui aussi manifesté sa fierté de franchir une nouvelle étape. «C’est un projet audacieux et unique en Amérique du Nord qui améliorera l’offre commerciale jugée trop faible dans l’arrondissement», a-t-il affirmé.
En effet, une étude d’impacts économiques, finalisée et prise en compte par le comité de concertation en décembre dernier, révélait que l’arrondissement perdait entre 50 et 60% de ventes, à cause de cette fuite commerciale. Cette étude, c'est une firme directe de Smart Centres qui l'a réalisée. Mais pour le comité, elle est tout autant crédible. «Les fuites commerciales sont connues dans Saint-Michel, on n’était pas surpris des résultats, a dit Soraya Martinez, conseillère de Saint-Michel. Je ne pense pas que c’était biaisé.»
Selon le comité, ce projet évalué à quelque 200 M$ devrait permettre à 1600 personnes de se trouver un emploi. «Il y a eu entente avec le promoteur pour que ce soit les citoyens de l’arrondissement qui aient accès, en priorité, à ces emplois», a déclaré Mme Samson. Les élus ont laissé entendre que plus de 50% des postes créés seraient comblés par des gens de VSP.
Pour Pierre Durocher, de l'organisme Vivre Saint-Michel en Santé, le quartier attendait un tel projet depuis au moins 25 ans. «Nous croyons à l’impact positif qu’aura ce projet sur la revitalisation du quartier», a-t-il dit.
Le promoteur Smart Centres, c’est la firme immobilière du géant Wal-Mart. Questionné à savoir s’il est véritablement possible que l’arrivée d’un Wal-Mart dans Saint-Michel permette la revitalisation souhaitée par le comité de concertation, celui-ci s’est contenté de mentionner qu’à ce moment-ci, les magasins qui prendraient place sur l’espace commerciale étaient encore inconnus. «On ne choisit pas les magasins, a déclaré Mme Samson. On propose une artère commerciale.»
Encore des étapes à franchir
Si le comité se réjouissait de cette journée importante dans le processus laborieux, plusieurs étapes doivent être franchies avant de concrétiser le projet. Les membres du comité se présenteront au Conseil de Ville, lundi prochain, où ils tenteront de faire approuver le projet. «Plusieurs études doivent encore être faites, notamment concernant l’infrastructure et le développement durable», a spécifié M. DeSousa.
Selon lui, ces étapes essentielles devraient se réaliser d’ici les prochains mois, question qu’à l’automne prochain, on donne le feu vert au promoteur. «Je ne peux pas prendre le conseil municipal pour acquis, mais j'ai tout à croire que les élus du conseil de ville vont appuyer le projet», a dit M. DeSousa.
Si le projet est appuyé, le comité pourra procéder aux études restantes pour enfin se présenter à l'Office de consultation publique de Montréal et permettre au promoteur d'aller de l'avant.
Le promoteur prévoit aménager des espaces verts autour de ses infrastructures ainsi que des voies pédestres et cyclables. Il financera, pendant trois ans, une navette permettant l'accès au site par le transport en commun de la ville.