Le député provincial de Viau, Emmanuel Dubourg
Un sommet sur les gangs de rue
Le 1er février dernier, à la Maison du Citoyen, une cinquantaine d’employés de divers organismes communautaires ont assisté au sommet Travaillons en Gangs où la police du poste de quartier 30 a présenté un portrait de la situation des gangs de rues à Saint-Michel. Les gens ont également eu l’occasion d’échanger leurs idées et trouver des solutions à ce phénomène dérangeant.
Le sommet était animé par Emmanuel Dubourg, le député provincial de Viau. Plusieurs élus et quelques autres personnes impliquées dans le milieu étaient présents dont Anie Samson, mairesse d’arrondissement, Soraya Martinez, conseillère municipale et Massimo Pacetti, député fédéral de Saint-Léonard/Saint-Michel.
Ce sommet a fait suite à une rencontre qui a eu lieu l’année dernière. Pour Emmanuel Dubourg, cette journée répondait à une de ses promesses électorales et à l’une des préoccupations des citoyens exprimée lors du sommet précédent. Pour sa part, la conseillère municipale de Saint-Michel a souhaité que cette journée aide à « soutenir les projets qui sont déjà en place et consolider les efforts que l’on fait déjà en espérant pouvoir les bonifier ».
En matinée, Emmanuel Dubourg a rappelé que le gouvernement du Québec a investi 17,6 M$ dans la lutte contre les gangs de rues. L’argent est réparti, de 2007 à 2010, selon quatre grands volets dont le soutien à la réalisation de mesures préventives, soutien aux intervenants, recherche et communication, prévention du recrutement des jeunes aux fins d’exploitation sexuelle et à l’aide aux parents et communautés culturelles. En après-midi, les intervenants de Saint-Michel ont participé à des ateliers sur ces différents sujets et ont effectué un remue-méninges pour dégager des pistes de projets.
« Le phénomène des gangs de rue est bien présent », a affirmé la mairesse Samson. Fady Dagher, commandant au poste 30 a, par ailleurs, ajouté que le noyau dur des gangs de rue se trouve toujours à Saint-Michel. En 2000-2001, avec les arrestations de motards, il y avait un terrain vide pour la vente de stupéfiants. « C’est à ce moment là, selon moi, que les gangs de rue ont pris énormément d’expansion. », a affirmé M. Dagher. Au début, ils étaient plutôt désorganisés et s’imposaient par la violence. Maintenant, ils sont plus organisés et ils ressemblent davantage à la mafia italienne et les motards. Néanmoins, cette organisation criminelle se distingue par l’âge des ses membres ; ils sont généralement jeunes.
Les gangs de rue effectuent leur recrutement dans les parcs, l’été, et dans les écoles. « En 15 ans de métier, j’ai rarement vu un phénomène aussi difficile à attraper et à contrôler. », a déclaré M. Dagher. « Ce que je trouve intéressant dans Saint-Michel, c’est qu’on est rendu beaucoup plus loin que la perception du sentiment de sécurité (qui provient de la répression). Les gens travaillent en profondeur. On travaille énormément sur l’éducation, sur le partenariat et, ça, c’est la recette. », a renchéri le commandant. Occuper les jeunes avec des activités est, en fait, l’une des solutions déjà utilisée. Dans quelques écoles du quartier des organismes communautaires planifient des activités. C’est le cas à l’école secondaire Louis-Joseph-Papineau où les Monarques organisent des parties de basketball et des danses. De plus, la police assure une présence dans certaines écoles et discute avec les enfants considérés à risque.
Bref, plusieurs initiatives sont déjà prises par des organismes communautaires, l’arrondissement et la ville. Au terme de cette journée et des prochains mois, des projets devraient voir le jour et d’autres se poursuivre.