Elle n'avait que quinze ans quand elle a commencé dans le milieu. Aujourd'hui armée de ses influences, ses expériences et d'une moitié de vie à chanter et à gratter sa guitare, Mélisande s'apprête à fouler la scène de l'auditorium Le Prévost, dans le cadre du concours Mon accès à la scène, présentée par la Maison de la culture Villeray/Saint-Michel/Parc-Extension (VSP). Rencontrée plus tôt durant la semaine, la jeune chanteuse a raconté au journal son parcours, au passé, au présent et au futur.
Né d'une collaboration entre la Fondation du Maire de Montréal pour la jeunesse et le Cirque du Soleil, le concours s'adresse à des artistes de 18 à 35 ans qui vivent dans VSP, leur permettant de mettre la main sur une des trois bourses qui totalisent 10 000$.
« Je suis tellement énervée, lance Mélisande. Je n'en dors plus la nuit! » C'est que le fait de remporter ce concours donnerait un bon coup de pouce à la jeune chanteuse qui met la réalisation d'un premier album comme son objectif premier. « Ce serait comme la naissance de mon premier enfant », déclare-t-elle en riant.
Depuis qu'elle est âgée de 15 ans, Mélisande monte sur les planches de plusieurs petites scènes, d'abord en compagnie de son premier band, Mémoire vive, puis Victoire, avant d'atterrir à Boston, alors qu'elle prend un cours de guitare avec nul autre que le guitariste Robert Fripp, grand créateur de la fomation King Crimson. D'ailleurs, sa guitare est accordée en quinte, comme Fripp. « On appelle ça le new standard tuning, explique-t-elle. Ça permet d'avoir un plus large registre. » Après avoir fraternisé avec les grosses têtes du milieu, elle est repêchée par un groupe, à Boston. Ce qui ne devait être qu'un séjour de plus ou moins six mois est rapidement devenu un déménagement de quelques années. De retour à Montréal, elle rejoint la formation Colette, un band rock. « C'est comme un retour à mon premier band et c'est vraiment motivant », dit-elle.
À travers les projets de groupe, Mélisande travaille sur sa carrière solo. C'est d'ailleurs avec son projet solo que la chanteuse s'est présentée pour le concours. « Je suis contente de faire partie des finalistes, parce que dans ce milieu on finit par s'habituer aux refus et là ça marche! », dit-elle, heureuse de la visibilité apportée par un tel concours. « C'est le fun de chanter sur une belle scène, avec un bon son », ajoute l'habituée des bars.
Même si les bourses offertes ne permettront pas aux gagnants de financer à 100% leur projet d'album, Mélisande sait ce que ça arrivera. « J'ai un plan B! Je vais emprunter ou trouver d'autres bourses, mais ça va se faire peu importe le budget. »
Et si elle repart avec rien dans les poches, Mélisande croit quand même en son projet et ne veut pas désespérer. « J'aimerais créer un buzz et que quelqu'un veule sortir un album. Ça s'est déjà vu », dit-elle, évoquant notamment Dobacaracol et Alfa Rococo, dont le claviériste fait aussi partie de Colette.
En attendant de vivre entièrement de son art, Mélisande travaille dans un service de garde avec des enfants. Elle développe aussi ses connaissances musicales, apprenant notamment l'harmonica. « J'aimerais l'intégrer davantage dans mes chansons », dit-elle. Mélisande voudrait aussi apprendre à jouer de la guitare accordée normalement.
Inspirée par les Rita Mitsouko, le groupe Octobre, Jean Leloup et Daniel Bélanger, entre autres, Mélisande traîne un bagage impressionnant derrière elle, devenant elle-même une inspiration dans la quête de la réalisation de son rêve. Au moment où vous lirez ces lignes, Mélisande se préparera à faire une chanteuse jazz d'elle-même et à monter sur la scène de l'auditorium Le Prévost. On peut visiter le site internet de la chanteuse en se rendant au
www.myspace.com D'autres photos sur le site du journal au
www.journaldestmichel.com.