1971-1972
Carrière Miron
Les citoyens s’impatientent
La saga des carrières se poursuit, entre 69 et 71 alors que de nombreux citoyens s’impatientent et réclament de leurs élus locaux qu’ils fassent bouger la ville dans ce dossier. Les principaux problèmes sont alors les secousses dues au dynamitage, la poussière et les déversements de déchets qui commencent vers cette période.
Le dynamitage
Suite à une trentaine de plaintes de familles du quartier, les conseillers municipaux Ernest Roussille, Nick Ciamarra et Aimé Sauvé rencontrent en avril 1969 le président de la compagnie Miron. Le but de la rencontre : discuter des moyens à prendre pour atténuer les secousses dues au dynamitage dans les carrières.
À la fin du mois de juin de la même année, les trois conseillers municipaux rendent publics le nouveau règlement que vient d’adopter la Ville de Montréal concernant les carrières. Au conseil de ville, on se dit convaincu que ces normes beaucoup plus sévères sauront satisfaire les résidents du quartier.
Malheureusement, les responsables des carrières semblent peu impressionnés par les nouveaux règlements... La même semaine, des citoyens de la rue d’Iberville se plaignent que la compagnie Miron a érigé des montagnes de pierres et de sable à 20 pieds à peine des cours arrières de leurs résidences. Ce serait l’un des contremaîtres de Miron qui aurait demandé à ses ouvriers d’ériger de tels murs pour « protéger les citoyens de la poussière ».
Le 21 octobre 69, on apprend que la Ville réagit enfin. Une unité mobile est envoyée dans le quartier afin d’effectuer des relevés des vibrations causées par le dynamitage. Des normes seront par la suite établies à l’aide de ces relevés.
Malheureusement, la situation ne semble pas vouloir évoluer. De nombreuses habitations sont encore régulièrement endommagées par les secousses du dynamitage. En décembre, plusieurs citoyens s’impatientent et manifestent contre la lenteur de la ville à réagir dans le dossier des carrières. Diverses associations et comités se forment.
D’autres questions inquiètent aussi les michelois dans le dossier des carrières. Par exemple, les parois des carrières pourraient-elles s’effondrer, emportant avec elles les maisons environnantes (certaines sont bâties très près des trous) ? Il semble cependant que cette crainte ne soit pas fondée ; les parois des carrières du quartier sont faites de roc et non de terre ou de sable.
Poussières
Mais il n’y a pas que le dynamitage qui dérange les michelois. Les carrières produisent également beaucoup de poussière, ce qui incommode évidemment les citoyens. En juillet 71, la CUM annonce qu’elle poursuivra Miron pour avoir outrepassé à maintes reprises les normes concernant la poussière. La compagnie risque une amende de... 100 $ !
Afin de réagir au problème de la poussière, de nombreux citoyens répondent à l’invitation du St-Michel de lui faire parvenir des lettres à ce sujet. Au cours des mois qui suivent, plusieurs de ces lettres seront publiées chaque semaine. Une pétition de 160 noms (principalement des résidents des 13e, 14e et 15e avenues) est même envoyée à la ville. Malgré tout, cette dernière soutient que la situation s’est de beaucoup améliorée au cours des dernières années.
Fin septembre 71, un représentant du comité exécutif, M. John Lynch-Staunton, accompagne les conseillers municipaux locaux en visite chez Miron. On compte beaucoup sur cette visite pour améliorer la situation (sans toutefois se faire trop d’illusions).
Un appui de taille est apporté aux michelois en novembre 71, alors que l’organisme STOP, un regroupement voué à vaincre la pollution sous toute ses formes, se penche sur le problème des carrières. Il s’agit bien sûr d’un allié puissant, mais parviendra-t-il à faire bouger le dossier ?
Déversement de déchets
C’est vers 1971 que l’on commence à amener des ordures chez Miron. À l’époque, on ne parlait cependant pas encore d’enfouissement des déchets. On se contentait de les déverser au fond de la carrière. D’où les nombreuses odeurs et l’affluence de rats...
De ce côté, cependant, les inspecteurs du Département de la Santé de la Ville de Montréal faisaient constamment des contrôles afin que les déversements se fassent selon les quelques normes qui existaient déjà. Ceci n’empêchera cependant pas citoyens et organismes de se regrouper pour surveiller de près les activités de leur irrespectueux voisin...
Une entente est conclue entre Montréal et Miron en novembre 1971 pour améliorer la qualité de vie des résidents des environs de la carrière. Miron devra faire installer une clôture de 7 pieds de haut tout autour de son site. Quant à la ville, elle créera une zone industrielle tampon entre la carrière et le quartier résidentiel à l’ouest du boulevard St-Michel.
C’est mieux que rien...