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Journal de St-Michel
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Saint-Michel est annexé

Article mis en ligne le 23 novembre 2007 à 14:33
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Saint-Michel est annexé
1967-1968
Saint-Michel est annexé
L'avenir de Ville Saint-Michel est scellé le 24 octobre 1968. La cité meurt afin de laisser sa place à un nouveau quartier de la grande Ville de Montréal.
Depuis le référendum de 1964, le projet d'annexion à la Ville de Montréal n'avait plus vraiment fait parler de lui dans Saint-Michel. Ce fut durant le temps des fêtes de Noël en 1967 que fit abruptement irruption dans l'actualité, ce sujet oublié.

Le projet refait surface à la suite d'une rencontre entre Maurice Bergeron, maire de Ville St-Michel, et Lucien Saulnier, président du comité exécutif de la Ville de Montréal. M. Saulnier aurait demandé au maire Bergeron de discuter d'un éventuel projet d'annexion après que celui-ci ait déclaré quelques semaines plus tôt qu'il préférerait voir Ville St-Michel annexée à Montréal plutôt que de la voir tomber entre les mains de l'opposition.

Alors que le maire se dit déjà en faveur d'une éventuelle annexion, cinq des six conseillers désapprouvent l'idée. La Chambre de commerce de Ville St-Michel se prononce également contre l'annexion. Le débat est relancé...

Quelques mois plus tard, à l'automne 68, le mouvement pro-annexionniste annonce qu'il deviendra le Parti Pro-Annexionniste lors des élections municipales du 4 novembre. Le chef du nouveau parti, M. Marcel Toutant, entend présenter des candidats dans chaque district de St-Michel.

Cédant aux pressions de toutes parts, le conseil municipal de Ville St-Michel annonce fin septembre qu'un second référendum sur la question de l'annexion sera tenu le 20 octobre. Encore une fois, les autorités municipales s'en remettent donc à la décision de leurs administrés. Le maire Bergeron déclare : "Si les citoyens de St-Michel désirent vraiment l'annexion, elle se fera". Tous les élus sont d'accord sur un point : la décision de la population sera respectée.

Histoire de s'assurer que la partie se jouera dans les règles et que les citoyens voteront en toute connaissance de cause, la Chambre de commerce demande au ministre des Affaires municipales d'envoyer un vérificateur du ministère dont la mission sera d'étudier et de présenter un rapport sur les avantages et inconvénients d'une éventuelle annexion.

Le 15 octobre 68, Le St-Michel publie, dans sa dernière édition avant le référendum du 22, un éditorial dans lequel il se prononce contre l'annexion. L'hebdomadaire demande à la population de faire preuve de jugement en ne mêlant pas le projet d'annexion et les rumeurs de corruption au sein de l'administration municipale (voir autre article en page 18). "Un vote contre l'annexion n'est pas un vote de confiance envers l'administration municipale actuelle [...] Un vote pour l'annexion est final. On peut changer une administration municipale dont on n'est pas satisfait mais on ne peut se désannexer".

Dans cette même édition du St-Michel, le conseil municipal et la Chambre de commerce réitèrent une dernière fois leur position contre l'annexion.

Malgré tout, la fusion des deux municipalités est acceptée par la majorité des michelois lors du référendum. Il faut maintenant que Montréal et St-Michel s'entendent sur un projet de règlement d'annexion qui devra ensuite être approuvé par Québec. Le tout, affirme-t-on aux citoyens, devrait prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois. En attendant, rien n'est changé et les élections municipales du 4 novembre auront tout de même lieu dans Ville St-Michel.

À la surprise générale, cependant, toutes les formalités de l'annexion seront réglées quatre jours plus tard. Cette rapidité d'exécution en fera d'ailleurs s'interroger plusieurs de nombreuses années durant... Quoi qu'il en soit, le 24 octobre 1968 à 17h, la "Cité de St-Michel" disparaît alors que l'on assiste à la naissance du quartier St-Michel.

Le temps des surprises...

Ville St-Michel n'est plus et les michelois sont maintenant des montréalais. Cependant, une fusion de ce genre ne se fait pas sans heurts et de nombreux obstacles durent être surmontés avant que tout ne rentre dans l'ordre.

La première surprise a lieu à la fin du mois de janvier 1969, à peine 3 mois après l'annexion. Le St-Michel annonce dans son édition du 28 janvier : "Une douche de taxes sur les contribuables". Plus de 10 000 propriétaires du quartier St-Michel viennent de recevoir leur premier compte de taxes montréalais : 500 $ (une somme importante à l'époque) payable en 10 jours ouvrables... Bienvenue à Montréal !

Un mois plus tard, ce sont les policiers qui clament publiquement leur mécontentement. Depuis l'arrivée de la police de Montréal, en effet, les agents de l'ex-Ville St-Michel sont sur des tablettes. On leur avait pourtant promis un règlement rapide de leur cas. Certains sont pères de famille et s'inquiètent. On accuse la Ville de Montréal de vouloir "écoeurer" les policiers michelois jusqu'à ce qu'ils démissionnent.

Le cas des policiers sera cependant vite réglé, notamment grâce à l'intervention de Léopold Lavoie, un ancien de la politique municipale de St-Michel converti au conseil de ville de Montréal depuis l'annexion.

Au début du mois de mars, le Comité d'épuration de St-Michel (voir article sur l'Affaire St-Michel en page 18) fait son premier bilan. Il souligne la "magnifique collaboration des chefs de service de la Ville de Montréal" qui a permis que le transfert des employés municipaux de St-Michel à Montréal se fasse "admirablement bien". Le comité avoue cependant que quelques ratés ont pu être constaté, par exemple dans le cas des policiers et du dossier Miron qui traîne en longueur.

Le conseiller Lavoie doit encore une fois intervenir auprès de l'Hôtel de Ville de Montréal en mars 69 alors que l'on apprend que 75% des permis des chauffeurs de taxis de St-Michel ne seront pas reconnus à Montréal. Cependant, à l'instar du cas des policiers, cette affaire se règlera assez vite alors que Lucien Saulnier tranchera la question : tous les permis de taxis seront reconnus par Montréal sans examen à passer ou autre formalité.

Une promesse d'annexion disait, avant le référendum, que les avantages de Ville St-Michel seraient maintenus par Montréal si la municipalité était annexée. Pourtant, en juin 69, les présidents des organisations de loisirs menacent de démissionner après avoir appris que Montréal ne subventionnera pas les loisirs comme le faisait Ville St-Michel. Ceci compromet la gratuité à l'aréna, un avantage dont les michelois avaient toujours pu se vanter (voir autre article sur cette page). Le dossier ne se règlera que plusieurs années plus tard.

Un an après, le Comité d'épuration rend public son bilan sur les réalisations de Montréal dans le quartier St-Michel. Peu de grandes réalisations, beaucoup de promesses brisées et quelques baisses de taxes sont constatées. Cependant, les conclusions générales du rapport sont que dans l'ensemble, peu de différences existent entre la vie avant et la vie après l'annexion pour le simple citoyen.

Dernière réaction à l'annexion, un éphémère mouvement de désannexion verra le jour en janvier 70. Cependant, son objectif de ramasser 1000 signatures de propriétaires en faveur d'une désannexion ne sera jamais atteint ici.



Les annexionnistes ont le dernier mot le 24 octobre 1968, date de la mort d'une cité.

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