1963
L'annexion refusée de justesse
La Ville de Montréal devient de plus en plus gourmandes durant les années 1960 et cherchent à tout prix à annexer les banlieues adjacentes afin de constituer une grande ville.
En 1963, les rumeurs d'annexion de Ville Saint-Michel à Montréal, se font de plus en plus insistantes. Les desseins d'expansion de la métropole montréalaise ne sont plus un secret pour personne et Ville Saint-Michel semble désormais être la prochaine cible de Montréal. À Ville Saint-Michel même, les citoyens sont partagés.
Pro-annexionnistes
L'Association des Propriétaires de Saint-Michel (APSM) s'étant déjà déclarée annexionniste, fait publié dans Le St-Michel, le 14 janvier 1964, un communiqué prônant l'adhésion à la Ville de Montréal. À l'intérieur de cette annonce, l'APSM prétend que l'administration montréalaise est beaucoup plus adéquate pour les Michelois(es) et que le fait de se joindre à la métropole réglerait les problèmes de doubles tarifications de transport en commun ainsi que de l'avenir des carrières Miron et Francon. Par ailleurs, l'Association des Propriétaires de Saint-Michel fonde un comité d'étude la même année, afin de se prononcer sur le projet d'annexion. En juin 1964, le comité se proclame pour l'annexion comme bien des citoyens le supposaient. Néanmoins, des dissidences au sein de l'APSM minent la crédibilité de leur recommandation.
anti-annexionnistes
Du côté des anti-annexionnistes, on ne se gêne pas non plus pour faire part de son opinion. Au sein du conseil municipal, plusieurs sont contre l'adhésion à Montréal. De ce nombre, Louis Patenaude, conseiller de Ville Saint-Michel, va jusqu'à déclarer que "l'administration montréalaise Drapeau-Saulnier a sûrement besoin d'argent" pour procéder à l'annexion du territoire michelois. À l'été 1964, le maire de Ville Saint-Michel, Maurice Bergeron, sort littéralement de ses gonds et affirme haut et fort que "Saint-Michel ne sera pas annexé!" Le maire commente les arguments des annexionnistes comme étant "de faux prétextes" et évoque même "des agissements répréhensibles et illégaux de leur part". Une phrase du maire Bergeron marquera d'ailleurs l'histoire de Saint-Michel: À tous les annexionnistes mal renseignés et affamés de pouvoir et de grandeur qui ont un bureau sur le Champ de Mars, je déclare : vous ne passerez pas !"
Lors d'une assemblée du conseil municipal le 6 août 1964, il est décidé que ce sera la population micheloise qui décidera de l'annexion ou non de Ville Saint-Michel, lors d'un référendum. La date du vote est fixée pour le 3 septembre. Ce procédé décisionnel considéré comme très démocratique, donne non seulement la chance aux citoyens de Saint-Michel de s'exprimer, mais permet aussi au conseil municipal michelois de faire un pied de nez aux annexionniste montréalais. Ces derniers arguaient depuis un moment que "les membres des administrations de banlieues étaient contre l'annexion par crainte de perdre leurs postes".
Ainsi, le sort en est jeté. Au cours des semaines précédant le référendum, les camps pro-annexion et anti-annexion s'affrontent sur le sujet à l'aide d'études, de théories, de statistiques et autres arguments.
Finalement le 3 septembre 1964, les citoyens de Ville Saint-Michel se prononcent à près de 66% contre l'annexion de Ville Saint-Michel. Un taux record de 52% de participation ait enregistré pour le référendum. Le conseil municipal organise en l'honneur de cette victoire, une immense célébration pour la population micheloise. Entre-temps, les pro-annexionnistes se rassemblent eux aussi pour faire le bilan et promettent de revenir à l'assaut; ce qu'ils feront en 1968!