Et si c'était à refaire...
Si c'était à refaire, je recommencerais demain matin! Je serais présent dans cette équipe des premiers jours qui a créé votre Journal de St-Michel.
Le Journal de St-Michel fut la plus belle de mes expériences dans ce que j'appelle « ma première vie de journaliste ». Je fais allusion à la période des années 1960-1970, alors que j'apprenais mon métier sur le tas, ici, dans Saint-Michel, entre deux carrières (que de nouvelles sur le sujet!).
À la fin des années 60, j'ai entrepris ma transition vers le monde des quotidiens. Ce fut d'abord le défunt Montréal Matin, ensuite La Presse et enfin Le Journal de Montréal où il m'arrive encore parfois de faire écho à l'actualité du quartier Saint-Michel (les carrières, on n'en sort pas!). Ce sont les années passées dans Saint-Michel et l'expérience accumulée au 5707 de la rue Christophe-Colomb, là où se trouvaient les bureaux de votre journal local, qui m'ont vraiment passé vers une carrière (!) des plus intéressantes et qui n'en finit plus après 45 ans de journalisme. Dans le temps, Ville Saint-Michel offrait toutes les facettes politiques, sociales et économiques pour aider à la formation d'un jeune journaliste.
Que de nouvelles, là aussi, côté politique!
Mais le fait de travailler aux côtés de Léo Bricault, patron mais surtout ami, m'a réellement permis de prendre les bouchées doubles dans mon apprentissage, si je puis m'exprimer ainsi. En soulignant le 45e anniversaire du Journal St-Michel, comme on le fait aujourd'hui, il est impensable de ne pas profiter de l'occasion pour rendre hommage à Léo Bricault, qui a su créer une âme à cette équipe de travailleurs qui a toujours défendu les intérêts de la population de Saint-Michel, depuis les débuts du journal. Mais je sais que Léo n'est pas le genre à se pavaner et à se dorer la réputation. Il est un homme simple qui aime les choses simples. Et dans son livre à lui, c'est certainement Le Journal de St-Michel et les équipes qui se sont succédées qui ont bâti la solidarité des gens de Saint-Michel. Grâce aussi à la confiance des marchands locaux qui ont toujours participé à ce grand succès d'équipe.
Le Journal St-Michel a joué un premier rôle de premier plan dans la solidarité sociale. Et dès le début.
On peut bien le dire maintenant, la Ville du bon vieux temps dégageait peut-être une odeur de corruption politique, mais le Journal St-Michel avait quand même réussit à donner à la population une fierté bien légitime. Le journal a été le maître d'orchestre de cette vie municipale du temps et il a soutenu un tas d'initiatives qui ont pu dans le temps cimenter l'entraide entre les différents quartiers de cette ville qui a été annexée « pour le mieux et pour le pire ». Mission accomplie. Mission qui se poursuit pour le Journal et qui est nécessaire plus que jamais. Quand les Michelois sont devenus des Montréalais, le Journal St-Michel a toujours été là, à leur côté, pour défendre leurs intérêts.
Les citoyens de Saint-Michel peuvent être fiers de leur journal local
Je peux témoigner de grandes batailles qu'il a menées pour sauvegarder les ambitions locales. Il a été et continue d'être le fil conducteur du développement local... global. S'il y a un hebdomadaire de quartier, à Montréal, qui a joué le rôle de « chien de garde » des intérêts locaux, c'est véritablement le Journal St-Michel. Il faudra s'en rappeler encore dans quarante ans! Il faudra aussi se souvenir que sans Léo Bricault, sans son fils Claude, qui a pris la relève, Saint-Michel n'aurait jamais imposé le respect à ceux qui ont cri parfois être plus fort que tous les maillons de cette chaîne humaine micheloise.