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Journal de St-Michel
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Un mur aveugle qui voit grand

par Géraldine Zaccardelli
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Article mis en ligne le 16 octobre 2007 à 10:18
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Un mur aveugle qui voit grand
La 2e murale de MU est présentement en création, au coin des rues Des Érables et Jarry. Photo:Géraldine Zaccardelli
Un mur aveugle qui voit grand
Toujours sous le thème de Montréal, ville de rencontres entre cultures, les membres de l’organisme MU réalise une seconde murale dans le quartier Saint-Michel située cette fois-ci, à l’angle des rues Des Érables et Jarry. Y sont représentés avec fraîcheur et dynamisme tous les ingrédients composant la grande salade de la société. Dans un concept d’intégration et d’échange, des personnages de toutes les nations s’entremêlent dans une même vague, mélangés par un mixeur géant.
Projet artistique à caractère social, MU a comme premier objectif d’embellir la ville de Montréal en lui redonnant une nouvelle peau. En proposant des murales uniques signées par des artistes professionnels, les fondatrices «aspirent à la création d’une galerie d'art à ciel ouvert». Dans un second temps, il s’agit de faire du développement social en insérant un projet artistique dans une communauté et d’y faire participer les jeunes et les gens du quartier. «Parce que le langage artistique peut toucher plein de monde issus de différentes communautés, origines ou classes sociales; on utilise ce prétexte pour mobiliser la communauté, pour que les gens se parlent et se rencontrent autour de la murale et pour qu’ils soient fiers de leur quartier », explique Emmanuelle Hébert cofondatrice de MU. À cela s’ajoute –pour ce projet-ci précisément- des ateliers théoriques et pratiques créés pour les jeunes de 13 à 17 ans et élaborer en étroit partenariat avec Jeunesse LCSM et PACT de rue. Cours sur l’histoire de l’art, sur le mouvement graffiti, rencontre avec l’artiste ou participation concrète à la murale sont tant d’actions positives auxquelles les adolescents du quartier peuvent prendre part. Un moyen pour les fondatrices d’initier les jeunes à un projet artistique et de leur proposer une nouvelle façon de s’exprimer.

C’est donc depuis le 23 septembre dernier, que 7 jours sur 7, l’artiste Yannick Picard (le même artiste ayant réalisé la première murale située au 4105 47ème rue angle Pie-IX), secondé par Sophie Boivin et Laurence Fréchette, s’applique à transformer un mur aveugle en véritable fresque multicolore. Pour l’artiste, un tel travail change un quartier et fait sa différence tant artistique que sociale. «On l’a vu lors de la 1ère murale, ça colore et ça met de la vie !», soutient-il. «Plus le travail avance, moins les gens du quartier sont intimidés par notre présence et plus ils viennent nous poser des questions. Comme on commence par en haut c’est normal aussi que le contact soit plus difficile au début!», ajoute-t-il.
Un quartier mobilisé
Cette seconde fresque de 33 pieds par 44 pieds, est entièrement subventionnée en peinture par la marque Benjamin Moore (qui a son siège social dans le quartier) et soutenue financièrement par des partenaires provenant eux aussi, majoritairement du quartier: Cirque du Soleil, Ville de Montréal, Caisse Populaire Saint-Michel, arrondissement Villeray/Saint-Michel/Parc Extension pour ne nommer que ceux-là! Pour Élizabeth-Ann Doyle, cofondatrice de MU: «c’est une chance d’avoir réalisé notre premier projet (1ère murale) dans Saint-Michel, car on avait un moteur en arrière de nous qui nous aidait à avancer. Parce qu’à Saint-Michel, il y en a des groupes, des tables, des organismes et ils sont efficaces. Ce sont des gens qui veulent faire la différence, des citoyens engagés et qui sont fiers d’habiter dans Saint-Michel même si c’est difficile et malgré le fait que le quartier ait une mauvaise réputation. Ce sont des gens qui croient au changement et qui ont eu envie de s’embarquer dans un projet comme le nôtre"."En fait, on s’est beaucoup attaché à Saint-Michel!», de rajouter Emmanuelle Hébert.

Actuellement en recherche de subventions pour les projets de printemps-été 2008 –travail saisonnier et hiver québécois obligent- les cofondatrices de MU ont les yeux qui pétillent et le vent dans les voiles. Arriveront-elles à atteindre leur objectif? Montréal une galerie «d'art social» à ciel ouvert ? Pourquoi pas. Avec tout le succès et les bienfaits obtenus, il suffit d’y croire. Ouvrez l’œil. Mur aveugle, je te vois!

La murale devrait être terminée pour la fin du mois d’octobre – si le temps est clément- et aura nécessité près de 5 semaines de travail quotidien.

Photo:Géraldine Zaccardelli

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