Composée d’élus de tout bord, la Commission du Conseil Municipal de la Présidence du Conseil n’avait qu’un seul but lors de l’assemblée publique du 21 mai dernier : faire comprendre aux jeunes qu’ils ont un moyen de pression direct et puissant pour approuver, désapprouver ou renverser la politique municipale : le vote. Loin des prises de position partisanes, les membres de cette commission avaient fait appel au Conseil Jeunesse de Montréal pour jouer les entremetteurs et animer le forum de discussion. Une cinquantaine de personnes s’était déplacée pour venir interroger les élus mais une fois n’est pas coutume, le flot de questions a été nourri par les deux parties.
Comment encourager les jeunes à aller voter ?
Née d’un constat général de baisse de participation lors des dernières élections municipales à Montréal en 2005, le souci de mobiliser les jeunes exprimé par l’ensemble des élus municipaux est réel : « Si les jeunes ne croient pas en la politique, on n’ira pas loin !déclarait Marvin Rotrand, conseiller municipal dans l’arrondissement Côtes-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce et vice-président de la commission. Baisser le droit de vote à 16 ans pour les élections municipales serait-il une solution ? poursuivit le conseiller en questionnant l’auditoire. En effet, l’aspect plus concret, plus immédiat, plus quotidien du volet municipal pourrait se voir enrichi d’un électorat élargi aux plus jeunes. A cette remarque, une main se lève dans l’assemblée : « Les jeunes ne s’intéressent pas au municipal parce qu’il existe une profonde méconnaissance des mécanismes. D’autre part, il n’y a pas une grande représentativité des jeunes chez les élus…Les jeunes ne s’y reconnaissent pas ». Pointé du doigt à plusieurs reprise le manque de représentativité ne l’a pas été autant que le manque de communication. Interrogée à ce sujet, Anie Samson, maire de l’arrondissement Villeray/Saint-Michel/Parc Extension, avouait : « Il est clair que les moyens de communication pour rejoindre les jeunes ne sont plus ceux qu’on connaît et qu’on a l’habitude d’utiliser. Il va falloir s’adapter et faire différemment ». Une autre lacune du système était mise en cause par Marvin Rotrand « Comment les jeunes pourraient-ils utiliser les outils démocratiques à leur disposition s’ils ne savent pas qu’ils existent ? Le programme secondaire n’inclut même pas l’éducation à la citoyenneté ! S’ils connaissaient leur rôle, leur pouvoir, les jeunes seraient sans doute plus volontaires à aller voter !».
Être proactif plutôt que réactif
Obliger les gens à aller voter sous peine d’amende comme en Australie ? Faire voter les non-citoyens qui paient des taxes ? « Pourquoi ne pas essayer la provocation ?propose un jeune homme au fond de la salle. Quand le TAZ a fermé, les jeunes montréalais étaient en colère et ils se sont mobilisés… ». Et Soraya Martinez, conseillère municipale de Saint-Michel de répondre : « Je ne crois pas qu’il faille toujours être sur le mode réactif. Il faut être proactif ! expliquait-elle. Les jeunes doivent s’engager pour leur quartier, pour leur ville. Il faut que cela devienne leur cause au même titre que l’environnement par exemple. ». Il est vrai que bon nombre de jeunes Québécois partent à l’étranger, en voyage humanitaire et pratiquent l’implication locale…Pourquoi pas aussi chez eux ? Et cela commence par le conseil d’arrondissement. Peu de personnes présentes ce soir-là avouèrent participer au débat démocratique dans leur propre quartier. Manque de considération, peu de place à la parole dans certains cas, les impressions étaient plutôt négatives. « Nous avons pourtant besoin de l’impulsion des gens, des citoyens, ce sont eux nos patrons, répondait Anie Samson. Leur rôle est de nous rappeler à l’ordre, d’attirer notre attention sur des projets, des problèmes…Ne vous gênez pas ! poursuivait-elle. On est payés pour ça ! ».
Des actions concrètes
A l’aube de la prochaine échéance municipale de novembre nul doute que cette assemblée aura su attirer l’attention sur les réels problèmes qui font obstacle à la participation électorale des jeunes Montréalais. Le Conseil Jeunesse de Montréal prévoit déjà d’organiser cet automne, dans chaque arrondissement des rencontres entre jeunes et candidats. Du côté de l’arrondissement de Villeray/Saint-Michel/Parc Extension on évoquait l’idée d’un parrainage civique entre aînés et jeunes pour guider, servir de modèle, faciliter la prise de parole lors des conseils d’arrondissement. Si toutefois l’idée ne voyait pas le jour, le prochain conseil d’arrondissement, qui se déroule le mardi 2 juin à 19h, pourrait être une bonne entrée en matière dans le monde de la politique municipale. A bon entendeur !
Retrouver la version intégrale de l’article sur www.journaldestmichel.com
Pas de photo mais une phrase à mettre en exergue : « Si les jeunes ne croient pas en la politique, on n’ira pas loin ! »
Qu’est ce que la Commission du Conseil Municipal de la Présidence du Conseil ?
Composée de huit élus (Marcel Parent, Anie Samson, Marvin Rotrand, Warren Allmand, Michel Bissonnet, Soraya Martinez, Claire St-Arnaud et Claude Trudel) cette commission permanente étudie les questions de règlements et les procédures de régie interne ainsi que les questions relatives à la démocratie municipale, par le biais de consultations publiques et l’étude de dossiers en séances de travail.
Pour plus d’informations : http://ville.montreal.qc.ca
Qu’est ce que le Conseil jeunesse de Montréal ?
Composé de 15 membres ( Claudia Lacroix-Perron, Jacqueline Corado, Cory Johnston, Geneviève Gardère, Etienne Brunet, Rémi Garand, Dominique Hamel, Salvatore Mottillo, David Côté, Jean-Sebastien Lascary, Sophie Mailly, Christina Gyane, Julie Favreau, Kurt Gunter et Sophie Tremblay-Gratton) ce comité consultatif représente la jeunesse montréalaise. Il Joue le rôle de conseiller aupèrs du maire sur toutes les questions relatives aux jeunes âgés de 12 à 30 ans et assure la prise en compte des préoccupations jeunesse dans les décisions de l’administration municipale.
Pour plus d’informations : http://ville.montreal.qc.ca
Inciter les jeunes à s’exprimer par le vote
La Commission du Conseil Municipal de la Présidence du Conseil et le Conseil Jeunesse de Montréal se sont réunis le 21 mai dernier à l’occasion d’une assemblée publique qui avait lieu à la mairie de Rosemont-La Petite Patrie. Leur objectif : comprendre comment rejoindre les jeunes à l’approche des élections municipales.
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